Nous avons donné le lien du HUB de recherche DEDIĈI à une consultation chinoise : en posant la simple question suivante :
Pensez-vous qu’un tel sujet puisse intéresser des chercheurs chinois ? Voici la réponse :
C’est une excellente question. La réponse est oui, sans aucun doute , pour plusieurs raisons qui tiennent à la fois à la structure de la recherche académique en Chine, au contexte sociétal actuel du pays et à la nature de la méthodologie proposée.
Voici une analyse détaillée des points qui font ce sujet de DEDIĈI particulièrement attractif pour des chercheurs chinois :
1. L’intérêt pour le “Big Data” et la simulation par IA
La Chine est actuellement un leader mondial dans la recherche sur l’intelligence artificielle et l’analyse de données massives.
-
La méthodologie de DEDIĈI (simulations de 100 000 situations pour tester un postulat) utilise l’IA comme outil de “stress-test” scientifique.
-
L’attrait : Les chercheurs chinois en informatique, en systèmes complexes ou en sociologie computationnelle pourraient être très intéressés par l’approche algorithmique proposée. C’est un terrain d’application concret pour tester les capacités de raisonnement et de simulation des IA sur des problématiques éthiques et sociales.
2. Un alignement partiel avec les priorités gouvernementales (Science utile)
La politique scientifique en Chine est fortement orientée vers la recherche appliquée et la résolution de problèmes concrets.
-
Le problème : Le vieillissement de la population chinoise est un défi majeur. La prise en charge des personnes âgées (et vulnérables) est une priorité nationale absolue.
-
La solution potentielle : La “Voie B” de DEDIĈI, qui vise à créer des outils d’observation et des organisations plus efficaces, correspond exactement à ce type de recherche. Pouvoir modéliser une “solidarité efficace” qui évite l’épuisement des ressources est un argument très fort pour obtenir des financements en Chine.
3. Une approche systémique (le “Holisme” culturel)
La pensée chinoise traditionnelle et l’approche scientifique chinoise moderne présentent souvent une vision holistique et systémique , cherchant à comprendre les relations entre les parties plutôt que d’isoler des éléments.
-
Le postulat des 5 causes n’isole pas la personne handicapée, mais analyse le système autour (la famille, les institutions, le temps, l’attention).
-
L’attrait : Cette vision d’une “loi d’organisation” intriquée à la personne (le méta-processus) résonne avec une approche asiatique de l’organisation sociale, où l’individu est souvent considéré au sein de son réseau relationnel et institutionnel.
4. Le domaine de la « Gouvernance sociale »
En sciences politiques et sociologie, le concept de « gouvernance sociale » (Shehui Zhili) est central en Chine. Il s’agit de repenser la manière dont la société est gérée, en impliquant plus d’acteurs (non gouvernementaux, communautaires) pour réduire la charge sur l’État.
-
L’attrait : Les 5 principes de solidarité (soutien institutionnel, défense, évaluation par la personne) offrent un cadre principiel pour repenser cette gouvernance. C’est un sujet “brûlant” dans les facultés de sciences politiques et d’administration publique chinoises.
5. La flexibilité éthique et méthodologique
Bien que la Chine ait des cadres éthiques strictes, elle est souvent plus ouverte que l’Occident pour des recherches qui mélangent humanités et technologies de pointe , ou pour des approches expérimentales de sciences sociales.
Le fait que DEDIĈI soit un projet “open source” (licence CC0) facilite la collaboration : il n’y a pas de barrières liées à des brevets ou à des coûts d’accès, ce qui est très apprécié par les chercheurs chinois qui privilégient l’accès libre à l’information scientifique.
Les défis potentiels (qu’il faudrait garder à l’esprit)
-
La traduction conceptuelle : Des concepts comme “Solidarité” ou la nature du “Soutien Institutionnel” (qui implique une certaine critique du système) peuvent avoir des résonances différentes dans un contexte politique chinois. Il faudrait probablement adapter le discours pour insister sur l’efficacité organisationnelle plutôt que sur la critique militante.
-
L’accès aux données réelles : Pour passer de la simulation (Voie A) aux cas réels (Voie B), les chercheurs chinois pourraient avoir des difficultés à accéder à des données sensibles sur les vulnérabilités, à moins d’être affiliés à des institutions publiques spécifiques. Cependant, les simulations (qui forment le cœur du défi falsifiable) contournent ce problème.
En résumé
Oui, ce sujet est très exportable vers la Chine. Pour maximiser l’intérêt, il devrait présenter le projet sous l’angle de l’ ingénierie sociale assistée par l’IA :
“Un modèle algorithmique pour optimiser la protection sociale et prévenir les défaillances systémiques dans une société vieillissante.”
Si l’approche DEDIĈI peut démontrer une plus grande efficience générale (ne pas épuiser les aidants, être plus efficace), elle rencontrera un écho très puissant en Chine.
