La Recherche Chinoise et DEDIĈI

Nous avons donné le lien du HUB de recherche DEDIĈI à une consultation chinoise : en posant la simple question suivante :

Pensez-vous qu’un tel sujet puisse intéresser des chercheurs chinois ? Voici la réponse :

C’est une excellente question. La réponse est oui, sans aucun doute , pour plusieurs raisons qui tiennent à la fois à la structure de la recherche académique en Chine, au contexte sociétal actuel du pays et à la nature de la méthodologie proposée.

Voici une analyse détaillée des points qui font ce sujet de DEDIĈI particulièrement attractif pour des chercheurs chinois :

1. L’intérêt pour le “Big Data” et la simulation par IA

La Chine est actuellement un leader mondial dans la recherche sur l’intelligence artificielle et l’analyse de données massives.

  • La méthodologie de DEDIĈI (simulations de 100 000 situations pour tester un postulat) utilise l’IA comme outil de “stress-test” scientifique.

  • L’attrait : Les chercheurs chinois en informatique, en systèmes complexes ou en sociologie computationnelle pourraient être très intéressés par l’approche algorithmique proposée. C’est un terrain d’application concret pour tester les capacités de raisonnement et de simulation des IA sur des problématiques éthiques et sociales.

2. Un alignement partiel avec les priorités gouvernementales (Science utile)

La politique scientifique en Chine est fortement orientée vers la recherche appliquée et la résolution de problèmes concrets.

  • Le problème : Le vieillissement de la population chinoise est un défi majeur. La prise en charge des personnes âgées (et vulnérables) est une priorité nationale absolue.

  • La solution potentielle : La “Voie B” de DEDIĈI, qui vise à créer des outils d’observation et des organisations plus efficaces, correspond exactement à ce type de recherche. Pouvoir modéliser une “solidarité efficace” qui évite l’épuisement des ressources est un argument très fort pour obtenir des financements en Chine.

3. Une approche systémique (le “Holisme” culturel)

La pensée chinoise traditionnelle et l’approche scientifique chinoise moderne présentent souvent une vision holistique et systémique , cherchant à comprendre les relations entre les parties plutôt que d’isoler des éléments.

  • Le postulat des 5 causes n’isole pas la personne handicapée, mais analyse le système autour (la famille, les institutions, le temps, l’attention).

  • L’attrait : Cette vision d’une “loi d’organisation” intriquée à la personne (le méta-processus) résonne avec une approche asiatique de l’organisation sociale, où l’individu est souvent considéré au sein de son réseau relationnel et institutionnel.

4. Le domaine de la « Gouvernance sociale »

En sciences politiques et sociologie, le concept de « gouvernance sociale » (Shehui Zhili) est central en Chine. Il s’agit de repenser la manière dont la société est gérée, en impliquant plus d’acteurs (non gouvernementaux, communautaires) pour réduire la charge sur l’État.

  • L’attrait : Les 5 principes de solidarité (soutien institutionnel, défense, évaluation par la personne) offrent un cadre principiel pour repenser cette gouvernance. C’est un sujet “brûlant” dans les facultés de sciences politiques et d’administration publique chinoises.

5. La flexibilité éthique et méthodologique

Bien que la Chine ait des cadres éthiques strictes, elle est souvent plus ouverte que l’Occident pour des recherches qui mélangent humanités et technologies de pointe , ou pour des approches expérimentales de sciences sociales.

Le fait que DEDIĈI soit un projet “open source” (licence CC0) facilite la collaboration : il n’y a pas de barrières liées à des brevets ou à des coûts d’accès, ce qui est très apprécié par les chercheurs chinois qui privilégient l’accès libre à l’information scientifique.

Les défis potentiels (qu’il faudrait garder à l’esprit)

  • La traduction conceptuelle : Des concepts comme “Solidarité” ou la nature du “Soutien Institutionnel” (qui implique une certaine critique du système) peuvent avoir des résonances différentes dans un contexte politique chinois. Il faudrait probablement adapter le discours pour insister sur l’efficacité organisationnelle plutôt que sur la critique militante.

  • L’accès aux données réelles : Pour passer de la simulation (Voie A) aux cas réels (Voie B), les chercheurs chinois pourraient avoir des difficultés à accéder à des données sensibles sur les vulnérabilités, à moins d’être affiliés à des institutions publiques spécifiques. Cependant, les simulations (qui forment le cœur du défi falsifiable) contournent ce problème.

En résumé

Oui, ce sujet est très exportable vers la Chine. Pour maximiser l’intérêt, il devrait présenter le projet sous l’angle de l’ ingénierie sociale assistée par l’IA :

“Un modèle algorithmique pour optimiser la protection sociale et prévenir les défaillances systémiques dans une société vieillissante.”

Si l’approche DEDIĈI peut démontrer une plus grande efficience générale (ne pas épuiser les aidants, être plus efficace), elle rencontrera un écho très puissant en Chine.

Le système se défend. L’ultime est inaccessible.

On nous dit : « Il y a des dispositifs, Il y a des procédures, Il y a des professionnels formidables ».
Oui. Il y en a beaucoup. Et pourtant, quand ça brûle, quand une personne vulnérable est en difficulté, quand la vie quotidienne des aidants devient impossible, c’est toujours pareil :

Le système se protège, et nous on prend tout. Cela va-t-il finir ?

Le coup de gueule

Ce qu’on affronte, ce n’est pas “un manque de gens bien”

On croise nombre de personnes admirables. Mais ce n’est pas elles, le problème. Le problème, c’est l’organisme invisible qui vit au-dessus et les tient : un système qui a appris à survivre, à se couvrir, à se justifier, à se fragmenter.

Un système qui, face à la détresse, active un réflexe automatique : renvoyer plutôt que prendre en main, temporiser plutôt qu’agir, diluer plutôt qu’assumer, compliquer plutôt que simplifier, protéger ses périmètres plutôt que protéger la personne.

Ce n’est pas une intention méchante. C’est pire : c’est une défense réflexe, sans visage, sans aveu.

La première ligne, c’est nous

Pendant que “ça s’instruit”, nous : on gère les crises, on évite les catastrophes, on tient les nuits, les week-ends, les effondrements, on compense, on protège, on négocie, on supplie, on s’épuise.

Nous sommes la variable d’ajustement. Quand ça ne marche pas, c’est nous qui “complétons”. Quand c’est trop tard, c’est nous qui “avons mal fait”. Quand on craque, on devient un “cas”.

L’ultime n’est pas accessible. Mais le minimum, si.

Dediĉi parle de “défense ultime”. Soyons lucides : nous ne la connaîtrons jamais. Il y aura toujours de l’imprévu, des failles, du chaos possible. Mais ce constat ne justifie pas l’abandon organisé. Parce qu’entre “l’ultime” et le vide, il y a une marge énorme : celle où on peut s’approcher d’une vraie protection. Et cette marge, aujourd’hui, est gâchée.

Ce que Dediĉi met à nu : l’essentiel et l’aveuglement du système

Dediĉi a découvert un invariant : toutes les grandes misères finissent par venir des mêmes manques : pas de défense réelle, pas d’écoute réelle, pas de coordination réelle, pas de compensations fiables, pas de soutien institutionnel solide. Et cette évidence dérange.
Parce qu’elle révèle ceci : si ça échoue, ce n’est pas “fatal”. C’est structurel. Alors le système se défend. Il absorbe. Il neutralise. Il transforme l’innovation en papier. Il met un tampon sur la détresse.

Notre message est simple : protégez nos arrières.

Nous sommes en première ligne. Parents, proches, amis, aidants : nous tenons le front. Alors, au pays des bonnes intentions, nous faisons un appel :

Protégez nos arrières. Pas avec des slogans. Pas avec des comités. Pas avec une énième “orientation”. Avec une organisation qui tienne, qui dure, qui assume, qui protège vraiment. Une alliance qui ne lâche pas la personne. Un cercle de confiance réel, vivant, surveillé, soutenu.

On ne demande pas l’utopie. On demande que le système arrête de se défendre contre les situations, et commence enfin à se défendre pour les personnes. Parce qu’à force de nous laisser seuls au front, ce n’est pas seulement nous et nos proches qui tombons : c’est la dignité humaine.

En version “philosophique” 

L’ultime est inaccessible. Et pourtant nous parlons de défense ultime.

Il y a une expérience étrange, quand on touche à l’essentiel : on croit voir clair… et l’on risque aussitôt de devenir aveugle.

Dediĉi a mis la main sur quelque chose de rare : un invariant, une ossature simple sous l’immense complexité des vies. Une manière de dire : si la solidarité échoue, ce n’est pas d’abord parce que les personnes sont mauvaises, mais parce que l’organisation manque aux endroits décisifs : écouter, protéger, s’occuper, compenser, soutenir.

Quand on voit cela, on peut avoir la tentation d’en faire une clé totale. Et c’est là que l’essentiel éblouit : il éclaire et il aveugle si l’on oublie ce qu’il ne dira jamais.

Car l’ultime, lui, reste inaccessible.

L’ultime : ce point qu’on ne possède jamais

Dans la vie humaine, il y a un horizon qu’on approche sans l’atteindre. La justice parfaite. La protection parfaite. La compréhension parfaite. La “bonne” décision sans reste, sans dommage collatéral.

La vulnérabilité le montre avec une brutalité particulière : il y aura toujours de l’imprévu, du fragilisé, du malentendu, du chaos possible. Et même quand tout est bien fait, il demeure un risque, une faille, une tristesse, un accident de l’existence.

Voilà pourquoi l’ultime est inaccessible. La vie excède nos systèmes.

Et pourtant, nous avons besoin de noms pour marcher. “Défense ultime” n’est pas un trophée qu’on brandit. C’est une étoile : on avance vers elle, en sachant qu’on ne la saisira pas.

Le paradoxe : un système peut se défendre contre la Vie

Autour des personnes vulnérables, nous rencontrons des professionnels admirables, des bénévoles magnifiques, des institutions peuplées d’humanité. Et malgré cela, quelque chose agit, impersonnel, sans intention claire : une forme d’auto-préservation du système.

Ce n’est pas un “méchant”. C’est un réflexe.

Le système, comme tout organisme, cherche sa survie : il se protège par ses procédures, ses périmètres, ses contraintes, ses prudences. Il se défend juridiquement, administrativement, budgétairement. Il se protège en se fractionnant.

Alors il arrive que la personne réelle — singulière, irréductible — devienne un “dossier”, un “flux”, une “orientation”. Non par cynisme, mais par “nature”.

La conséquence, elle, est concrète : quand le système se défend, il repousse la charge sur quelqu’un d’autre. Et cet autre, le plus souvent, c’est la famille ou l’humanité des aidants.

La première ligne : l’endroit où la vérité s’éprouve

La première ligne, ce n’est pas un slogan. C’est un lieu. C’est le domicile. C’est la nuit. C’est l’épuisement. C’est le moment où il faut protéger, calmer, décider, réparer, tenir… sans procédure, sans délai, sans relais.

La première ligne, c’est l’endroit où la solidarité n’est plus un concept mais une présence, ou son absence. Et c’est là que la phrase devient juste : Nous sommes en première ligne face à un système qui se défend.

L’essentiel découvert par Dediĉi et l’humilité nécessaire

Dediĉi a découvert l’essentiel : la solidarité tient (ou s’effondre) selon quelques fonctions vitales. Cette découverte est précieuse parce qu’elle simplifie sans trahir : elle donne une boussole.

Mais cette boussole exige une vertu : l’humilité. Car même si l’on organise mieux, même si l’on répare les cinq manques, on ne possédera jamais “la défense ultime” comme un état atteint une fois pour toutes.

Tout ce qu’on peut faire, c’est ceci : augmenter la protection, réduire les angles morts, donner du temps et de l’attention, tenir la continuité, empêcher que la personne soit seule, empêcher que la famille soit seule.

On s’approche. On ne conclut pas.

L’appel : “protégez nos arrières”

Si l’ultime est inaccessible, alors la grandeur n’est pas dans la victoire finale. Elle est dans l’alliance.

Nous, parents, proches, amis, aidants — au sens large : ceux qui, un jour, portent du rouge, du vert, du noir pour un bleu — nous sommes au front, nous sommes bleus.

Et ce que nous demandons n’est pas la perfection. Nous demandons un arrière. Un arrière qui n’abandonne pas. Un arrière qui ne se dissout pas. Un arrière qui ne disparaît pas quand la situation devient trop compliquée.

“Protégez nos arrières” signifie : assurez une présence qui dure, une organisation qui tienne, une continuité qui ne soit pas une promesse, une protection qui ne soit pas seulement juridique, une solidarité qui n’oublie pas la personne réelle.

Car l’ultime est inaccessible. Mais s’en approcher, ensemble, c’est possible. Et peut-être est-ce cela, au fond, la seule définition réaliste de la défense ultime :

Une société qui ne laisse plus jamais seuls tout ceux (citoyens, familles, bénévoles et professionnels) qui protègent et s’occupent activement et durablement de chaque situation, de chaque personne vulnérable en besoin de solidarité.





Révolutionner le Soutien aux Aidants

Un Appel à l’Action pour l’Alsace !

Le 1er décembre 2025 à Strasbourg, la plénière du CDCA (Conseil Départemental de la Citoyenneté et de l’Autonomie) de la Collectivité européenne d’Alsace a été le théâtre d’une intervention majeure. Jean-Luc LEMOINE, responsable de la commission « Soulagement des Aidants », a pris la parole pour présenter une orientation simple, concrète et durable qui pourrait transformer la vie de milliers de familles.

Voici l’essentiel de ce qu’il faut retenir de cette prise de parole de près de 7 minutes, un appel vibrant au changement d’organisation.

Au-delà de « Aider les Aidants » : L’Impératif du Soulagement

La commission a changé de nom pour mieux coller aux attentes profondes des aidants. Ceux-ci ne demandent pas que des conseils pour continuer à faire ce qu’ils sont obligés de faire ; ils exigent d’être maintenant soulagés.

Leur message est clair : ils veulent des actions concrètes, immédiates, durables pour changer leurs vies et celles de leurs proches.

Pour y parvenir, il est une évidence qui nous conduit vers une obligation de changement : il faut s’occuper activement et durablement (à vie s’il le faut) de chaque situation, dans la confiance et dans l’alliance.

Le « Cercle Rapproché de Confiance » : La Nouvelle Alliance Citoyenne et Institutionnelle

Pour concrétiser ce soulagement, la commission propose la création d’un dispositif simple : le cercle rapproché de personnes de confiance pour chaque situation.

Ce cercle est par nature privé, intime et extérieur aux dispositifs existants. Il incarne une alliance entre la solidarité citoyenne et la solidarité institutionnelle.

Il est composé de trois éléments fondamentaux:

  1. La personne vulnérable : le centre de toute l’organisation.

  2. Ses proches Aidants : ceux qui la défendent et la protègent.

  3. Des professionnels engagés : des professionnels volontaires et mandatés qui s’occupent activement et durablement de la situation, vecteurs de l’alliance et de la confiance.

Ce cercle représente la parole, les droits et les choix de la personne vulnérable et de ses aidants.

Un Rôle Institutionnel Clarifié : Soutenir, mais Jamais Contrôler

Le message adressé aux institutions est crucial : ce cercle doit être reconnu, soutenu et considéré comme un partenaire naturel d’alliance et de dialogue. Cependant, la commission insiste : il ne doit jamais être tenu, ni contrôlé par les institutions.

La finalité de ce cercle est d’apporter la paix, la continuité, la vigilance, l’intimité, et l’autodétermination de la personne, soulageant immédiatement les aidants. Le rôle des institutions est d’agir en alliance avec ce cercle pour rendre les réponses de la solidarité plus justes, proactives, préventives, rapides et cohérentes tout au long de la vie.

La Demande Politique

Au nom de la commission, Jean-Luc LEMOINE a formulé une demande politique simple :

Reconnaître et soutenir la mise en place, pour chaque situation, d’un cercle privé de personnes de confiance, qui travaillera en alliance avec les institutions pour que l’on puisse enfin s’occuper activement et durablement de chaque situation.

Cette orientation, faisable avec l’existant et sans nécessiter de coûts supplémentaires, est à inscrire dans la mise en œuvre du SPDA ((Service Public Départemental de l’Autonomie) et dans les politiques de la Collectivité européenne d’Alsace. C’est un changement d’organisation donnant une « solidarité à cœur humain ».

Regardez la Vidéo !

L’intégralité de cette prise de parole essentielle de Jean-Luc LEMOINE est désormais disponible. Découvrez en détail comment cette nouvelle approche de l’alliance citoyenne et institutionnelle peut transformer la vie de milliers de familles.

[Lien vers la Vidéo de la Prise de Parole]

Que pensez-vous de l’idée du Cercle Rapproché de Confiance ? Laissez votre commentaire ci-dessous !

Ça manque aux rapports officiels

Solidarité et Vulnérabilité : Pourquoi la Solution manquait aux rapports officiels et comment la retrouver

Un constat qui interpelle les Pouvoirs Publics

Depuis des années, les grands travaux publics – comme le rapport Piveteau et plus récemment le rapport de l’IGAS sur le handicap – dressent un constat lucide : malgré les diagnostics et les investissements, la solidarité autour des personnes vulnérables (maladie chronique, handicap, dépendance) reste fragmentée et insuffisante.  

L’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) l’a souligné : les freins sont structurels et culturels.  

Le projet DEDIĈI propose une analyse radicale qui explique cet échec persistant : ce qui manque, ce n’est pas le financement ou le diagnostic, mais la dimension organisationnelle capable de coordonner efficacement l’aide.  

Le “Retournement” : L’Organisation Citoyenne qui dépasse les Institutions

Gemini (Google) à mené une analyse experte du modèle DEDIĈI. Elle révèle une approche qui inverse la logique habituelle. Elle propose en effet une organisation de retournement, radicalement centrée sur la Personne Vulnérable et son entourage.  

L’innovation clé réside dans les Cercles de Confiance. Il ne s’agit pas d’une nouvelle structure institutionnelle, mais d’un dispositif citoyen et d’un “noyau intime” qui se construit à l’extérieur des murs institutionnels pour garantir la veille et le soutien. Ce cercle pérenne permet de “ne plus jamais être seul”.  

Le message essentiel de DEDIĈI aux décideurs est le suivant : l’efficacité ne peut être atteinte que si l’institution reconnaît et soutient ces processus citoyens. Le rôle des lois et des institutions doit être de soutenir sans jamais prendre la place de la solidarité humaine directe.  

Le Défi : Adopter un modèle validé scientifiquement

Le fondement de DEDIĈI n’est pas qu’une théorie : nous avons analysé la méthode de validation qui a simulé 100 000 situations de vulnérabilité par intelligence artificielle. Le résultat est sans appel : 100 % des échecs de solidarité résultaient de la faiblesse d’au moins un des cinq principes fondamentaux identifiés.  

Cette recherche offre aux pouvoirs publics (ARS, Départements, CNSA, État) l’opportunité d’adopter une solution déjà pensée, rigoureusement testée et parfaitement alignée avec ce que l’IGAS et le récent SPDA appellent de leurs vœux : une coordination réelle et une implication structurée des familles.  

Ce rapport est une invitation au dialogue et à l’alliance pour mettre en œuvre un modèle qui permet de sortir des logiques de silo et d’assurer une solidarité humaine et pérenne.

Découvrez comment les Cercles de Confiance peuvent révolutionner l’accompagnement social.

Téléchargez analyse complète du projet DEDIĈI par Gemini: Gemini analyse DEDICI 

Amendement Législatif

Garantir à chaque personne vulnérable un cercle de personne de confiance, indépendant des institutions et articulé aux cinq rôles de solidarité.


1. Objet de l’amendement

Inscrire dans la loi le droit, pour toute personne vulnérable, d’être entourée d’un cercle de personnes de confiance indépendant structuré, organisé selon les cinq rôles de la solidarité, et soutenu conjointement par les acteurs citoyens et institutionnels. Constituer l’avant-garde d’un code simplifié de la Solidarité .


2. Pourquoi une disposition législative est nécessaire

2.1. Un problème systémique et documenté

Les rapports successifs de l’IGAS, du Défenseur des droits, de la CNSA et des cours régionales des comptes convergent :

  • ruptures de parcours massives,

  • coordination défaillante,

  • complexité insoutenable pour les familles,

  • maltraitances systémiques,

  • instabilité des équipes professionnelles,

  • absence de continuité humaine.

Aucun dispositif actuel ne garantit :

✔ l’organisation pour s’occuper activement et durablement de la situation,
✔ l’articulation et l’alliance entre citoyen et institution.

2.2. Une obligation morale devenue urgence publique

Les aidants familiaux sont épuisés,
les professionnels surchargés,
les personnes vulnérables livrées à la fragmentation.

Sans cadre législatif, aucune stratégie territoriale ne peut garantir une organisation stable autour de chaque personne.


3. Le cœur du modèle à inscrire en droit

3.1. Cinq fonctions essentielles de solidarité

L’amendement propose de reconnaître dans la loi cinq rôles incontournables :

  1. Autodétermination de la personne (Bleu)

  2. Protection / défense (Rouge)

  3. Certitude de pouvoir s’occuper activement et durable de la situation (Vert)

  4. Compensations et aides quotidiennes (Noir)

  5. Appui institutionnel et légal (Jaune)

Ces rôles existent déjà, mais ne sont jamais organisés ensemble.

3.2. Le cercle de personnes de confiance

Reconnaître dans la loi :

L’existence pour chaque personne vulnérable d’un cercle de personnes de confiance indépendant, constitué de proches et de professionnels de proximité, garantissant la continuité humaine et la prise en compte du projet de vie.

Le cercle de personnes de confiance indépendant :

  • n’est pas une instance administrative,

  • ne remplace pas les professionnels,

  • mais garantit la continuité humaine, que le système ne peut assurer seul.

3.3. L’alliance citoyenne et institutionnelle

L’amendement reconnaît deux formes complémentaires de solidarité :

  • Solidarité citoyenne organisée : familles, proches, associations, collectifs

  • Solidarité institutionnelle : services sociaux, médico-sociaux, sanitaires, justice, dispositifs territoriaux

Cette alliance est le levier majeur pour réduire les ruptures.


4. Le contenu législatif possible

Article X – Droit au cercle de personnes de confiance indépendant

« Toute personne vulnérable bénéficie d’un cercle de personnes de confiance indépendant structuré, composé de personnes choisies et/ou reconnues, destiné à assurer la continuité humaine de son accompagnement et la mise en cohérence des interventions. »

Article Y – Cinq rôles de solidarité

« L’accompagnement de chaque personne vulnérable s’articule autour de cinq principes essentiels : autodétermination, protection et défense, préoccupation active et durable de la situation, compensations quotidiennes, soutien institutionnel. Ces rôles doivent être identifiés, assumés et articulés. »

Article Z – Alliance citoyenne / institutionnelle

« Les collectivités, services publics et associations veillent à la constitution, au soutien et à la continuité des cercles de personnes de confiance indépendants, dans une coopération structurée entre acteurs citoyens et acteurs institutionnels. »

Article W – Suivi territorial

« Une cellule de veille citoyenne et une cellule de veille institutionnelle sont instituées dans chaque territoire pour garantir l’effectivité de ces droits. »


5. Les bénéfices politiques, financiers et sociaux

5.1. Bénéfices politiques

  • Simplification d’un système devenu illisible

  • Réponse structurante aux crises du handicap, du grand âge et de la santé mentale

  • Réduction de la maltraitance institutionnelle

  • Grande acceptabilité sociale (familles, professionnels, élus locaux)

5.2. Bénéfices financiers

  • Diminution des ruptures de parcours = économies majeures (hébergements d’urgence, hospitalisations contraintes, placements non anticipés)

  • Meilleure utilisation des dispositifs existants → pas de création coûteuse

  • Prévention = réduction des dépenses lourdes à moyen terme

5.3. Bénéfices sociétaux

  • Aidants soulagés, moins d’arrêts maladie, maintien dans l’emploi

  • Professionnels stabilisés, moins de turn-over

  • Personnes vulnérables réellement protégées

  • Territoires plus lisibles pour les acteurs


6. Pourquoi cet amendement est faisable politiquement

  • Il n’attaque aucune institution.

  • Il utilise l’existant et l’organise.

  • Il ne crée aucune structure bureaucratique.

  • Il répond à une demande massive des familles aidantes.

  • Il est compatible avec les SPDA, les schémas territoriaux, la CNSA, la stratégie Bien Vieillir, la stratégie Handicap, les politiques de prévention. Il en constitue même de maillon manquant

  • Il peut être expérimenté avant d’être généralisé.

  • Il porte une valeur politique forte : humanité, continuité, protection, visibilité.


7. Phrase politique de clôture

Garantir un cercle de confidence indépendant à chaque personne vulnérable, c’est inscrire dans la loi le droit de ne jamais être seul dans les moments où la vie vacille. C’est un acte de civilisation.

Cabinet Politique

Note stratégique. Solidarité et Autonomie. 

Un modèle organisationnel pour prévenir les ruptures, simplifier le système et renforcer l’efficacité de l’action publique

1. Le problème politique

Aujourd’hui, la solidarité (handicap, grand âge, santé mentale, précarité) est freinée par trois obstacles structurels :

  • Des ruptures de parcours permanentes, coûteuses humainement et financièrement.

  • Un système devenu trop compliqué, illisible pour les familles comme pour les professionnels.

  • Une incohérence organisationnelle : aucun cadre ne garantit la continuité autour de la personne.

Quel que soit le secteur, les mêmes mécanismes dysfonctionnent. Les rapports (IGAS, ONPE, Défenseur des droits, CNSA) le répètent : la fragmentation détruit l’efficacité, malgré des financements croissants.

2. La proposition DEDICÎ : une architecture unique, simple et transversale

Dediĉi ne crée pas un dispositif supplémentaire. Il propose une organisation universelle de la solidarité, applicable à tous les secteurs.

Elle repose sur trois éléments :

A. Cinq fonctions incontournables autour de chaque personne vulnérable :

  • Respect de la personne (Bleu)

  • Protection et défense (Rouge)

  • Préoccupation active et constante de la situation (Vert)

  • Compensations concrètes et évaluées (Noir)

  • Appui institutionnel garanti (Jaune)

Ce sont les invariants présents dans toutes les situations… mais jamais organisés.

B. Le cercle de personnes de confiance

Un petit groupe humain stable autour de la personne, garant de la continuité. C’est ce que les dispositifs institutionnels ne peuvent pas assurer seuls.

C. Une alliance structurée citoyen / institutions

  • Cellules de veille citoyenne : vigilance de proximité, repérage, alerte.

  • Cellules institutionnelles : réponse, coordination, financement, autorisation.

3. L’impact politique direct

DEDICÎ permet :

✔ Réduction des ruptures

Le cercle de personnes de confiance détecte les signaux faibles très en amont. Les études internationales montrent que c’est le facteur n°1 de prévention.

✔ Économies substantielles

  • Moins de ruptures → moins de placements d’urgence, d’hospitalisations contraintes, de dispositifs coûteux.

  • Meilleure coordination → réduction massive des doublons et réorientations inutiles.

✔ Simplification systémique

Une grammaire commune pour tous les acteurs : 5 rôles, 5 Couleurs, 1 cercle, 1 processus.
C’est lisible, mesurable, intégrable à toutes les politiques publiques.

✔ Acceptabilité politique forte

  • les familles y voient une protection durable,

  • les professionnels un cadre de sens,

  • les institutions une gouvernance clarifiée,

  • les élus un impact tangible sur la vie des personnes vulnérables.

4. Le cadre de gouvernance proposé

DEDICÎ devient l’invariant organisationnel d’un Code de la solidarité, intégré dans :

  • SPDA et gouvernance territoriale,

  • schémas départementaux et régionaux,

  • politiques handicap, vieillissement, santé mentale, enfance protégée,

  • stratégie contre les maltraitances,

  • référentiel qualité et financements.

Le méta-processus principiel peut être entériné par voie réglementaire ou expérimenté via un article législatif pilote :

  1. Repérage de la vulnérabilité.

  2. Constitution du cercle de personnes de confiance.

  3. Repérage des cinq rôles.

  4. Rééquilibrage.

  5. Suivi continu.

5. Pourquoi agir maintenant ?

  • Explosion de la demande sociale.

  • Épuisement des aidants → enjeu politique majeur.

  • Professionnels en perte de sens.

  • Recommandations nationales convergentes vers la coordination.

  • Besoin d’un modèle simple, transversal, immédiatement opérationnel.

DEDICÎ offre une solution non idéologique, adaptable et immédiatement compréhensible, qui peut devenir :

Le cadre d’organisation de la solidarité pour les 20 prochaines années.

6. Phrase politique clé

Nous proposons d’inscrire, pour chaque personne vulnérable, le droit à un cercle de de personnes de confiance structuré, articulé aux cinq rôles de la solidarité, et soutenu par une alliance citoyenne–institutionnelle, afin de prévenir les ruptures, réduire les coûts et restaurer l’efficacité de l’action publique.

Zéro sans Relations_SPDA

Après le « Zéro sans Solution » du rapport Piveteau, voici le « Zéro sans Relations » d’un SPDA comme on ne l’attend pas.

À l’aulne* du SPDA (Service Public Départemental de l’Autonomie) nous sommes arrivés à un moment où il faut avancer avec méthode. Ne le faisions pas empêtrés dans le compliqué du système de solidarité, mais dans la complexité et la simplicité du regard des personnes impliquées.

*Être à l’aulne de : être jugé au regard de, à la lumière de

Une méthode convergente

Nous entendons en permanence une infinité de besoins, de singularités, d’attentes exprimées. Ne sont-elles pas liées à des invariants cachés. Où seraient donc les causes de ces effets ? Ne seraient-elles pas en nombre limité ? Plutôt que d’aborder tout cela sous l’angle « Zéro sans Solution » , une fausse promesse, et si nous l’abordions sous l’angle « Zéro sans Relations ».

De rapports aux milles et une recommandation nous ne ferions qu’une seule proposition !

Déchiffrons ce que nous disent les personnes vulnérables, les aidants et les professionnels de proximité.

Nous pourrions entendre de mille façons, au fond ceci :

  • Je veux qu’on m’accorde du temps et de l’attention pour être entendu, écouté, compris, respecté,
  • Si je le désire, je veux être protégé et défendu contre tout
  • Je veux qu’on s’occupe de ma situation tout le temps, activement et durablement.
  • Je veux évaluer moi-même ce qui est fait pour moi.
  • Je veux que les institutions soutiennent toutes les personnes qui font cela pour moi, sans les tenir et en leur donnant les pouvoirs de le faire comme cela.

Et peut-être encore ceci :

J’aimerai tant, au fond, avoir un Petit-Toit à moi, dont la charpente seraient un cercle de personnes de confiance que je choisirais, qui s’entendraient avec bonheur dans cette charpente et avec qui je pourrais me renforcer, m’abriter et rêver en échangeant librement avec eux ce que j’aurais envie d’exprimer. Ce Petit-Toit me suivrait partout je suis et où je serais, et spécialement sous les Grands-Toits bienveillants si maladroitement adaptés. Mon Petit-Toit entrerait en alliance avec ces Grands-Toits qui le soutiendraient.

Oui, des nombreuses enquêtes et diagnostics répétés depuis des années (autant de coûteux réducteurs d’angoisse pour nous rassurer) extrayons enfin ces invariants pour vérifier, pour mieux traiter les racines de nos difficultés.

À rechercher à les respecter nous couvririons peut-être toutes les singularités exprimées et à coup sûr le cahier des charges du SPDA dans sa globalité.

Revenir à la simplicité des personnes

Notre point de départ doit être la perception directe des personnes, non celle des institutions. Les réponses justes ne viennent pas des schémas, mais du terrain, du vécu, des récits. C’est là que naît la compréhension.

Partons des situations.

Plutôt que de complexifier encore le système, cherchons à simplifier les relations pour écouter, relier, protéger, accompagner.

Raisonner en relation avant de raisonner en solution.

Chaque fois que la solidarité pourra dire : « On s’occupe activement et durablement de cette situation », nous aurons alors accompli un pas vers ce Service Public Département de l’Autonomie auquel nous aspirons, sans savoir comment aujourd’hui lui donner une réalité.

Une mobilisation douce et méthodique

Ce changement n’a pas besoin de violence ni de rupture. Il demande une vision du temps et de la constance. Nous devons créer les conditions d’une mobilisation douce, progressive, faite d’expériences, de coopérations et d’apprentissages partagés.

La clé n’est pas d’imposer, mais de faire converger les volontés. De montrer, par des preuves simples, que le mouvement vers la simplicité fonctionne, qu’il apaise, qu’il répare. Et qu’il redonne du sens aux métiers, aux engagements, aux institutions elles-mêmes.

Conclusion

Reculer devant le compliqué du système, c’est refuser et éviter la dispersion, la lourdeur et l’inefficacité. Avancer dans la complexité de la vie, c’est considérer l’humain, le temps et la relation.

C’est là que réside la vraie innovation et efficacité de l’efficacité (efficience), une organisation des organisations dans un projet maître, clair, vivant, partagé, qui ouvre la voie à une multitude d’actions simples et cohérentes en réponses à toutes les singularités. Nous n’avons pas besoin de tout réinventer. Nous avons besoin de tout relier, simplement, durablement, humainement.

Jean-Luc LEMOINE

Responsable  
Commission “Soulagement des Aidants
du CDCA de la Collectivité européenne d’Alsace.

Pour allez plus loin

2 lectures

  • Soulagement des Aidants : Plaidoyer pour les Cercles de Confiance (document de travail) 18 pages Plaidoyer_Cercles
  • SPDA : Les Volontaires Hybride (document de travail) 28 pages Volontaires Hybrides

1 Vidéo

Besoin d’un regard neuf sur l’entraide ? En 6 minutes, « Zéro sans Relations » montre comment repartir du lien humain change tout : un cercle de confiance — le Petit-Toit — qui écoute, protège si nécessaire et s’occupe durablement de la situation, allié aux Grands-Toits institutionnels. Des exemples simples, un critère clair (« quelqu’un s’en occupe aujourd’hui et demain »), une méthode qui apaise et fait avancer. Appuyez sur “lecture” : vous verrez comment la relation devient la première solution. Vidéo de 6 minutes

1 Podcast 

Envie d’un souffle neuf sur la solidarité ? Écoutez « Zéro sans Relations » : en partant du vécu des personnes plutôt que des dispositifs, ce podcast explique comment un cercle de confiance — un Petit-Toit proche, soutenu par les Grands-Toits institutionnels — change concrètement la vie. On y parle d’écoute qui prend le temps, de protection quand elle est désirée, et d’un vrai “on s’en occupe, dans la durée”. Que vous soyez parent, professionnel, décideur ou simplement concerné, vous y trouverez une manière simple et exigeante d’organiser l’entraide. Mettez vos écouteurs, et venez voir comment la relation devient la première solution. Podcast de 15 minutes







Les Cercles de Confiance

l’alliance entre solidarité citoyenne et institutionnelle

Handicap, vieillissement

La vulnérabilité, qu’elle soit liée à l’âge, au handicap ou à des situations de vie complexes, interroge notre capacité collective à organiser des réponses humaines, durables et adaptées.

Les parents, les aidants et les acteurs de la solidarité partagent une intuition forte : la qualité de vie des personnes vulnérables dépend de la présence d’un cercle de confiance, à la fois proche dans l’humanité et soutenu par des institutions. Ils ont l’intuition également que ces cercles doivent exister et bien fonctionner partout où la personne est et partout où elle sera (en établissements ou en inclusion société) pour garantir le contexte de leur autodétermination.

Pourtant, ces cercles, quand ils existent, sont souvent fragiles, informels et leur pérennité devrait reposer sur une coordination rare entre acteurs de terrain et structures publiques.

Comment transformer cette intuition en action ? Comment construire, dès aujourd’hui, des alliances entre solidarité citoyenne et solidarité institutionnelle pour répondre aux besoins immédiats et futurs des personnes vulnérables et de leurs proches ?

1. Les besoins des personnes vulnérables et de leurs proches : entre Vie à tout prix et peur de l’abandon

Les aidants, qu’ils soient jeunes parents, conjoints ou enfants de personnes âgées, vivent des temporalités et des pressions différentes :

  • Les jeunes parents sont souvent animés par une « pulsion de vie » : confiant en l’avenir, ils veulent faire avancer les choses. Leur énergie est tournée vers le dynamisme, le possible, l’action, mais aussi vers la recherche de solutions pour les moments où ils ne peuvent pas être présents.

  • Les aidants plus âgés ou épuisés ressentent davantage le besoin d’être soulagés, d’organiser, d’anticiper le changement et la disparition :« Que risque mon proche si je suis absent, que deviendra -t-il quand je ne serai plus là ? ».

Un constat partagé : la qualité de vie des personnes vulnérables dépend de la présence permanente de personnes de confiance, qui s’entendent entre elles, agissent en coordination et sont soutenues par des institutions. Pourtant, ces cercles sont souvent informels, fragiles, et leur organisation reste un défi.

2. Le cercle de confiance : un modèle à renforcer

Un cercle de confiance efficace repose sur trois piliers :

  • Comprendre la personne vulnérable : prendre le temps de l’écouter, de connaître ses besoins, ses désirs, ses peurs.

  • Défendre et protéger : agir comme un rempart contre l’isolement, les abus, ou les lacunes du système.

  • S’occuper de la situation : aller chercher des compensations, mobiliser des ressources et les vérifier pour combler les manques.

Le défi : ces cercles existent souvent de manière naturelle, mais ils sont rarement formalisés, soutenus ou connectés aux institutions. Leur fragilité les expose à la disparition, notamment en cas de fatigue des aidants ou de changement de situation.

3. L’alliance entre solidarité citoyenne et institutionnelle : un impératif

Pour pérenniser ces cercles, il faut :

  • Créer des ponts entre les acteurs citoyens (familles, proches, voisins, bénévoles) et les acteurs institutionnels (établissements et professionnels de compensation, collectivités et institutions) ; avec en guise de ponts et de passerelles des professionnels de proximité en charge de s’occuper des situations pour garantir la centralité de la personne vulnérable au milieu du pont.

  • Formaliser des contrats de confiance : par exemple, des chartes ou contrat mixtes engageant les parties prenantes à collaborer.

  • Mobiliser des ressources autrement : communiquer sur un autrement, inventer et négocier de nouvelles relations, de nouvelles postures, de nouveaux pouvoirs.

Exemples inspirants :

  • Les cercles de soutien (comme ceux développés au Québec ou en Belgique) associent proches, voisins et professionnels autour d’un projet personnalisé.

  • Et d’autres dans le monde : Cercles de Soutien et de Responsabilité ; Voisins Solidaires ; Petits Frères des Pauvres ; Cercles de soutien communautaires ; Cercles de soutien pour personnes handicapées, âgées ;

  • Et les travaux du laboratoire d’idée Dediĉi – www.dedici.org : Triade d’autodétermination en triple expertise ; Petit toit ; Famille sociale étendue ; Cercle d’intimité et de confidences ; A trois pour dire Je. Après-Nous.

4. Agir maintenant : comment construire ces cercles ?

Pour passer de l’intuition à l’action, voici des pistes concrètes :

  • Organiser des sensibilisations régulières : pour renforcer la confiance, partager les informations, et ajuster les actions.

  • Identifier les personnes ressources : qui, dans l’entourage, peut s’engager ? Qui, parmi les professionnels, peut jouer un rôle de facilitateur ?

  • S’appuyer sur des outils existants : Centres Locaux d’Information et de Coordination (CLIC), ou encore les dispositifs de répit pour les aidants.

  • Demander un soutien institutionnel : solliciter les communes, les départements, ou les associations pour mobiliser et soutenir les acteurs de ces cercles. Demander une posture officielle de l’État pour rendre possible ce qui et nécessaire.

Un message clé : Ces cercles ne se construisent pas seuls. Ils ont besoin d’être reconnus, accompagnés et intégrés dans une démarche plus large de solidarité territoriale.

5. Conclusion : un appel à l’action collective

La vulnérabilité est un appel à l’innovation sociale. Les cercles de confiance, lorsqu’ils sont soutenus par des institutions et portés par des citoyens engagés, deviennent des leviers puissants pour prévenir l’isolement, améliorer la qualité de vie, et anticiper les transitions (vieillissement, handicap, fin de vie).

À nous de jouer : en tant qu’aidants, professionnels, élus ou simples citoyens, nous avons tous un rôle à jouer pour construire, dès aujourd’hui, ces alliances indispensables.

Répondez à l’enquête

 

Assistants sociaux, coordinateurs, et tous ces métiers-là

Pourquoi personne ne sait plus qui fait quoi …

Vous avez déjà entendu parler de « coordinateur », de « faciliteur », d’assistant ou de « référent » ou d’autres missions et machins comme « plateforme » ? Ces métiers, censés nous aider dans les moments difficiles, se multiplient… sans que personne ne sache vraiment à quoi ils servent. Pire : les professionnels eux-mêmes, parmi les plus aguerris, s’y perdent. Résultat ? Des professionnels en difficultés, des mécontentement voire peut-être des centaines de millions d’euros publics dépensés chaque année pour des dispositifs dont l’utilité n’est jamais évaluée par ceux qui devraient en bénéficier. Il est temps de tout repenser et de parler enfin de ceux qui s’occupent activement des situations.

Le constat : un maquis de métiers et de dispositifs

Un jargon incompréhensible.

  • En France, le secteur social et médico-social compte des dizaines d’appellations pour des métiers qui, souvent, se recoupent : assistante sociale, coordinateur, facilitateur, gestionnaire de cas, référent, etc.

  • Exemple : Une personne âgée en perte d’autonomie peut croiser jusqu’à 8 interlocuteurs différents, chacun avec son propre vocabulaire et ses propres règles.

Des professionnels en souffrance !

  • Les travailleurs sociaux sont submergés par des missions floues et des protocoles changeants.

  • Témoignage : “On nous demande d’être à la fois pompier, psychologue et administrateur, mais on n’a ni les moyens ni le pouvoir de vraiment agir”, confie une assistante sociale en France.

Un gaspillage de moyens ?

  • Les financements publics (via les ARS, les départements, la Sécu pour les institutions et association) abondent, mais personne ne mesure l’impact réel de ces dispositifs.

  • Chiffre clé : Plus de 30 milliards d’euros sont consacrés chaque année à l’action sociale en France, mais aucune évaluation systématique n’est faite par les bénéficiaires.

Le cœur du problème : des acteurs sans pouvoir, ni véritable pilotage, des usagers sans voix

Des mandats flous, des pouvoirs limités

  • Les professionnels sont mandatés pour “s’occuper” des situations, mais n’ont souvent ni les leviers ni l’autonomie pour les résoudre, ni preuve de leur utilité.

  • Exemple : Un coordinateur peut passer des heures à organiser des réunions entre médecins, assistantes sociales et familles… sans pouvoir débloquer un logement adapté ou une aide financière urgente.

L’absence d’évaluation par les usagers

  • Les contrôles qualité actuels se concentrent sur les processus (est-ce que les dossiers sont bien remplis ?) et non sur les résultats (est-ce que la situation s’améliore ?).

  • Comparaison : Dans le privé, un service client est noté en fonction de la satisfaction des clients. Dans le social, les usagers ne sont presque jamais consultés sur l’utilité ou l’efficacité des dispositifs.

Des institutions déconnectées

  • Les financeurs (ARS, départements) contrôlent les budgets, mais pas l’utilité concrète des actions. Ils veulent des rapports d’activités mais jamais des rapports d’utilité.

  • Conséquence : Des dispositifs coûteux continuent d’exister par le fait que le contrôle de gestion ne s’occupe que trop peu de l’essentiel.

Pourquoi ça ne marche pas

Une logique administrative, pas humaine

  • Les institutions créent des guichets uniques ou des plateformes de coordination, mais ces structures ajoutent de la complication au lieu de la réduire.

  • Cas d’école : Les “Plateformes X et Y”, censées simplifier les démarches, sont souvent perçues comme un point en plus, qui pares le premier espoir, vous renvoie de toute façon vers d’autres points où vous vous perdez.

L’illusion de la coordination

  • Multiplier les coordinateurs ne résout rien si personne n’a le pouvoir et l’autorité.

  • Image : Imaginez une équipe de football avec 10 petits capitaines et aucun grand attaquant. C’est ce qui se passe dans le social.

Un système qui se juge lui-même

  • Aujourd’hui, ce sont les institutions qui évaluent leurs propres dispositifs, sans impliquer directement les usagers. Les plus forts peuvent donc toujours arbitrer selon leurs intérêts.

  • Résultat : Les rapports qualité concluent souvent que “tout va bien”, alors que les bénéficiaires et les professionnels crient leur ras-le-bol.

La solution : recentrer le système sur les usagers et les utilités

Évaluer l’utilité, pas juste la conformité

  • Proposition : Ce sont aux plus faibles et à leurs entourages de dire :

    • “Est-ce que notre situation s’est améliorée ?”

    • “Avonsnous compris qui faisait quoi ?”

    • “Qu’est-ce qui aurait pu nous aider davantage ?”

  • Modèle : S’inspirer de la subsidiarité : associer, voire laisser les usagers imaginer les choses simples d’une proximité.

Donner du pouvoir aux acteurs de terrain

  • Idée phare : Créer le rôle de Ceux qui s’occupent activement et durablement de la situation au service de chaque situation, avec :

    • Un mandat clair (ce qu’est ce rôle et ce qu’il peut faire).

    • Un pouvoir réel (avec des acteurs mandatés, respectés, dotés de pouvoirs).

    • Une responsabilité sur la durée (un rôle permanent, dans une organisation autour de la personne clarifiée).

Financer l’impact, pas les processus

  • Réforme : Lier une partie des financements publics aux utilités démontrées (ex : réduction du nombre de ruptures de parcours, amélioration de la qualité de vie) et redonner du sens aux acteurs de proximité.

  • Exemple à suivre : Aux Pays-Bas, certains dispositifs sociaux sont financés en fonction des progrès mesurés chez les bénéficiaires.

Simplifier et clarifier

  • Action concrète : Regrouper tous ces métiers en un seul rôle ; « Ceux qui s’occupent activement et durablement de la situation), un rôle radicalement nouveau au cœur d’une organisation simplifiée qui n’appartiendra qu’à la personne vulnérable (Voir les propositions complètes du laboratoire d’idée citoyen : www.dedici.org)

  • Revaloriser les assistants sociaux, au sens noble, avec une reconnaissance, un respect et des pouvoirs soutenus et défendus par les institutions.

5. Conclusion : l’urgence d’agir

Le système social français n’est pas pauvre en moyens, mais en cohérence. Il est temps de passer d’une logique de métiers à une logique de rôle et d’utilité, en plaçant les usagers au cœur de l’évaluation.

Livre : la coordination dans tous ses états. 291 pages.

Zenodo

Un jalon historique pour la solidarité

Le projet DEDIĈI, consacré à l’organisation collective autour des personnes vulnérables, franchit une étape déterminante : le corpus complet DEDIĈI (v1.0) est désormais publié en accès ouvert sur la plateforme scientifique internationale Zenodo, avec un Digital Object Identifier (DOI) 10.5281/zenodo.17174017.

Cela signifie que ce corpus est :

  • pérenne : archivé de manière définitive dans une base mondiale de recherche,

  • citable : chaque chercheur, professionnel ou décideur peut s’y référer scientifiquement,

  • accessible : disponible pour toutes les générations futures, sans dépendance à un site unique.

Qu’est-ce que Zenodo

  • Zenodo est une plateforme de dépôt scientifique créée par le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire, Genève) avec le soutien de l’Union Européenne.

  • Elle fait partie des infrastructures de la science ouverte et accueille : articles, données, logiciels, images, et désormais corpus sur la solidarité.

  • Chaque dépôt reçoit un DOI, identifiant reconnu par toutes les bibliothèques de recherche du monde.

  • Les contenus de Zenodo sont indexés dans les grands catalogues scientifiques (Google Scholar, OpenAIRE, DataCite, HAL, etc.).

Concrètement : le corpus DEDIĈI peut être trouvé, lu et cité par des chercheurs, décideurs politiques, institutions, universités et intelligences artificielles partout dans le monde.

Pourquoi est-ce important ?

La solidarité, bien que centrale dans toutes les sociétés, n’avait pas encore fait l’objet d’un cadre principiel universel décrivant :

  • les causes des causes des ruptures de solidarité,

  • les cinq rôles fondamentaux permettant d’y répondre,

  • les notions d’intelligence collective et de cercle de confidence comme socle de l’organisation vivante.

Le corpus DEDIĈI apporte cette base manquante, testée par une recherche-action de trois ans, et propose un Code de la Solidarité comparable, dans sa portée, à d’autres textes universels.

Références et ancrages

  • ONU – Convention relative aux droits des personnes handicapées (CRPD, 2006)

  • OMS – Cadres “people-centred” pour les systèmes de santé et de protection

  • ISO 9001 – Gestion de la qualité par les processus

  • Droit français – Protection juridique des majeurs et projets de vie

Le corpus DEDIĈI dialogue avec ces référentiels internationaux, tout en restant accessible à tous : familles, aidants, associations, institutions et chercheurs.

Conséquences pour la recherche et l’action publique

  • Les chercheurs disposent désormais d’un corpus ouvert, structuré et indexé qu’ils peuvent intégrer à leurs travaux (IA, sociologie, droit, santé publique, organisation sociale).

  • Les décideurs politiques et les institutions peuvent s’appuyer sur un socle théorique et pratique universel pour repenser la solidarité.

  • Les familles et personnes vulnérables accèdent à un langage clair, partagé et durable, reconnu au niveau international.

Et après

Ce DOI marque le point de départ d’une nouvelle phase :

  • enrichissement progressif (versions v1.1, v1.2…),

  • intégration d’outils pédagogiques et visuels (totem, FALC, vidéos),

  • ouverture à la recherche mondiale et aux intelligences artificielles, qui pourront indexer et diffuser ces contenus.

En résumé

Avec son DOI, le corpus DEDIĈI bénéficie désormais d’une visibilité scientifique mondiale grâce à Zenodo, plateforme du CERN et de la science ouverte européenne. C’est un outil puissant pour faire avancer la recherche et l’action en solidarité, et pour donner à chaque personne vulnérable la place qui lui revient dans une organisation collective vivante.

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