Se déclarer pour une cause

Se déclarer pour une cause… sans révéler qui l’on est

Et si une personne pouvait se positionner pour une cause importante… sans jamais révéler son identité ? Sans nom. Sans profil public. Sans exposition sociale. Simplement dans l’intimité de sa conscience.

Cette idée peut sembler curieuse dans un monde où toute contribution semble devoir passer par l’identification, la visibilité, la reconnaissance ou la réputation. Pourtant, une grande partie des volontés humaines restent silencieuses. Non pas par indifférence, mais par prudence, par pudeur, par discrétion ou simplement par désir de rester libre.

Beaucoup de personnes ressentent un désir d’être utiles, mais ne souhaitent pas s’exposer publiquement. Elles ne veulent ni s’inscrire dans une organisation, ni être fichées, ni être sollicitées en permanence. Elles souhaitent simplement pouvoir dire intérieurement : si un jour cela peut servir, je pourrais peut-être apporter quelque chose.

La question devient alors simple : comment permettre à ces volontés silencieuses d’exister malgré tout ?


Une idée très simple : rendre les volontés trouvables sans lever l’anonymat

Imaginons une règle du jeu extrêmement simple. Une personne, chez elle, dans son intimité, prend quelques minutes pour réfléchir. Elle se pose une question très personnelle : Si je voulais être utile pour une cause, qu’est-ce que je pourrais apporter ?

Il ne s’agit pas nécessairement d’un engagement lourd. Il peut s’agir de choses très modestes : écouter une personne en difficulté ; relier deux personnes qui pourraient s’aider ; partager une compétence particulière ; donner un conseil ponctuel ; réfléchir à une situation complexe ; contribuer à une solution ; soutenir une initiative locale

La personne écrit alors un court texte. Pas un CV. Pas une inscription officielle. Simplement une déclaration personnelle de posture possible.

Quelque chose comme :

« Si une situation de vulnérabilité se présente, je pourrais peut-être aider. J’ai de l’expérience et je suis prêt à réfléchir avec d’autres pour faire relation et pour rechercher des solutions. »

Ce texte devient un profil anonyme. Aucune identité. Aucune obligation. Aucune promesse d’intervention. Mais une possibilité.


Publier anonymement… tout en restant trouvable

Ce profil peut ensuite être publié sous une forme particulière. Il ne contient aucun élément permettant d’identifier la personne. Pas de nom. Pas d’adresse personnelle. Pas de coordonnées directes.

Et pourtant, il reste trouvable. Si quelqu’un découvre ce profil et souhaite entrer en relation, la personne reste entièrement libre de décider : répondre ; discuter ; participer ; décliner ; ou simplement ne rien faire

Et tout cela dans l’anonymat et la liberté.

La personne reste toujours maîtresse de son choix. Elle n’est jamais engagée malgré elle.


Pourquoi cela pourrait être important

Dans tous les territoires, il existe une immense réserve de bonne volonté. On y trouve : des citoyens attentifs et prêts ; des professionnels expérimentés ; des bénévoles ; discrets ; des chercheurs ; des personnes de cœur ; des personnes ayant simplement une expérience de vie précieuse

Beaucoup de ces personnes pourraient contribuer à la solidarité. Mais une grande partie d’entre elles ne souhaitent pas s’exposer publiquement.

Elles ne veulent pas apparaître dans des listes. Elles ne veulent pas être sollicitées en permanence. Elles ne veulent pas non plus être enfermées dans une obligation.

Résultat : elles restent invisibles.

Et avec elles disparaît une partie immense de l’intelligence collective disponible.

L’idée proposée ici est extrêmement simple : permettre aux volontés d’exister anonymement tout en se rendant trouvables.


Une expérimentation autour de la solidarité

Pour explorer cette idée, un premier outil expérimental a été créé. Il s’agit d’un agent intelligent qui aide chacun à écrire son premier profil anonyme.

La question proposée est simple : Qui pourriez-vous être pour la solidarité envers les personnes vulnérables ?

L’agent accompagne la réflexion et aide à formuler une courte déclaration personnelle.

Essayez l’expérience ici : 👉 Agent-Solidaire

L’objectif n’est pas de recruter des personnes. Il ne s’agit pas non plus de constituer une base de données d’identités. Il s’agit simplement d’explorer une possibilité : celle d’une intelligence collective faite de volontés libres, anonymes et trouvables.


Un protocole de recherche ouvert

Cette expérimentation n’est pas improvisée. Elle s’appuie sur un protocole appelé RETO, qui décrit la manière de publier des contributions anonymes structurées sur internet afin qu’elles puissent être découvertes et explorées par des humains ou des agents intelligents.

Ce protocole est publié en recherche ouverte sur Zenodo : https://doi.org/10.5281/zenodo.18667410

L’objectif est d’explorer de nouvelles formes de contribution citoyenne où chacun reste pleinement souverain de sa parole, de sa présence et de son engagement.


Une question simple

Avant d’aller plus loin dans cette expérimentation, une seule question compte. Serait-il possible que des personnes acceptent simplement de jouer ce jeu ?

Prenez quelques minutes pour écrire votre profil anonyme. Sans obligation. Sans exposition. Juste pour voir ce que cela produit.

Oui : Seriez-vous prêt à écrire un profil anonyme pour une cause qui vous tient à cœur ?

Essayez : 👉 Agent-Solidaire


Les travaux présentés ici sont développés dans l’esprit des recherches ouvertes de DEDIĈI et seront, comme toujours, mis à disposition de tous ceux qui souhaitent les explorer, les tester ou y contribuer.

Protéger sans substituer

Consultation d’expertise sur un Mandat de Protection de Tous les Temps

La protection juridique des majeurs est un pilier essentiel : elle sécurise des actes, clarifie des responsabilités, met en place des garanties et des recours. Pourtant, dans de nombreuses situations de vulnérabilité, une difficulté demeure — parfois la plus décisive : la continuité humaine autour de la personne.

Continuité de présence. Continuité d’attention. Continuité de compréhension fine. Continuité de défense et de vigilance. Continuité d’un entourage capable d’agir, de négocier, d’alerter, de tenir dans le temps long… alors même que les proches vieillissent, s’épuisent, se dispersent, ou disparaissent, et que les professionnels et les institutions sont soumis aux rotations, aux transitions, aux réorganisations.

C’est dans ce contexte que DEDIĈi ouvre une consultation d’expertise sur un dispositif en cours d’affinement : le Mandat de Protection de Tous les Temps . Le texte de référence (version de travail) est accessible ici : MPTT v6 – projet (PDF) 

1) Le point de départ : sécuriser ne suffit pas toujours à “tenir” la protection dans le quotidien

Les dispositifs de protection ont une finalité claire : prévenir les abus, sécuriser les décisions, protéger les intérêts de la personne. Mais il existe un angle mort récurrent : qui garantit, dans la durée, que la personne dispose réellement d’un cercle proche capable de l’entendre, de la défendre et de porter son projet de vie ?

Dans la réalité, des situations “se défaisant” dans le temps long ne sont pas rares :

  • la personne est isolée, ou ses proches sont trop loin
  • la famille est en conflit, ou l’entourage est instable
  • le parcours médico-social se fragmente
  • un mandataire fait au mieux avec un dossier lourd, mais ne peut pas “être partout”
  • l’organisation collective n’a pas d’outil simple pour fabriquer une continuité relationnelle et une vigilance de proximité.

DEDIĈi part d’une hypothèse : dans les situations de vulnérabilité, la protection la plus décisive n’est pas seulement procédurale ; elle est aussi, fondamentalement, humaine et relationnelle. Et cette protection-là ne tient pas sans organisation.

2) Le principe : “protéger sans substituer”

Le MPTT se situe dans une doctrine volontairement simple :

Ne pas remplacer les dispositifs existants, mais déplacer le centre de gravité de la protection au plus près de la personne, en garantissant l’existence et l’effectivité d’un cercle de personnes de confiance, stable et durable.

Autrement dit : il ne s’agit pas d’opposer la protection juridique et la proximité, ni de choisir entre représentation et autodétermination aidée. Il s’agit de construire un « Petit-Toit » robuste, où la protection juridique conserve sa place, mais où la personne ne reste pas seule — et où la continuité n’est pas un “bonus” dépendant du hasard des rencontres ou de l’énergie des proches.

3) Le cœur du MPTT : garantir un cercle de personnes de confiance… dans le temps long

Le MPTT (version de travail) propose d’organiser, autour du mandant, un Cercle de Personnes de Confiance : des personnes physiques librement constituées (proches, voisins, bénévoles, professionnels volontaires…), qui se rassemblent autour de deux missions structurantes :

  1. Défense : la vigilance et la protection de la personne contre toute atteinte à ses droits, à sa dignité, à sa sécurité, à son existence sociale.

  2. Accompagnement actif et durable : contribuer au quotidien à la recherche de solutions, au suivi des situations, à la négociation et à la coordination… sans agir en substitution.

Ce cercle ne vise pas à se substituer à un mandataire, à un représentant légal, à un juge, à une institution ou à un service. Il vise à rendre possible ce qui manque le plus souvent : une proximité organisée, stable, vigilante, capable de tenir dans la durée.

4) Ce qui rend ce mandat “différent” : quatre mécanismes à éprouver

Le MPTT propose plusieurs mécanismes qui doivent précisément être expertisés : leur solidité juridique, leur faisabilité, et leurs garde-fous.

a) Deux veilles “Sentinelles”

Une veille citoyenne et une veille institutionnelle, extérieures au cercle, ont pour rôle de vérifier l’effectivité : le cercle existe-t-il réellement ? se réunit-il ? tient-il son rôle ? la personne est-elle effectivement entourée ? L’intention est claire : pouvoir “vérifier que ça tient” sans exiger l’accès à l’intimité de la relation de confiance.

b) Un “Garant institutionnel”

Le mandat introduit la possibilité d’un garant institutionnel (une ou plusieurs personnes morales) qui soutient le dispositif : ressource, continuité, capacité à aider à la reconstitution du cercle, stabilité au long cours. Le garant n’est pas là pour contrôler la vie privée du cercle, mais pour garantir qu’une organisation de soutien existe réellement et ne s’effondre pas au premier choc.

c) Une clause de pérennité / réanimation

L’un des risques majeurs des dispositifs humains est la rupture : le départ d’une personne clé, l’épuisement d’un proche, la disparition d’un aidant, un changement de lieu de vie…
Le MPTT cherche à formaliser une continuité : quand une personne se défait, le dispositif ne devient pas caduc ; il déclenche au contraire une capacité de relai, de réorganisation et de reconstitution.

d) “Le soutien, pas le contrôle”

Le texte pose un principe de sanctuarisation : les acteurs institutionnels qui soutiennent le dispositif s’engagent à ne pas “prendre la main” sur l’intimité de la personne et de son cercle.
C’est une proposition exigeante : construire un appui institutionnel réel sans basculer dans l’intrusion, c’est-à-dire soutenir sans tenir.

5) Compatibilité avec la protection juridique : une articulation à clarifier, pas une concurrence

Le MPTT se présente comme compatible avec les régimes de protection (tutelle, curatelle, habilitation familiale, mandat de protection future…), tout en proposant un complément : l’organisation du cercle, de la vigilance et de la continuité.

C’est précisément l’objet de l’expertise : identifier les zones de friction (responsabilité, limites d’action, conservation, articulation avec les actes, secret, conflits d’intérêts, situations de désaccord), et renforcer les clauses et procédures.

Le texte prévoit une logique de résolution progressive : dialogue, médiation/veille, appui institutionnel, et, si nécessaire, recours à l’autorité judiciaire. La question n’est pas de supprimer les recours ; la question est de réduire les ruptures et les dérives avant qu’elles ne deviennent irréparables.

6) Pourquoi une consultation d’expertise maintenant ?

Parce qu’un mandat qui prétend tenir “dans tous les temps” doit être examiné avec rigueur, sans naïveté et sans complaisance. DEDIĈi souhaite ici une démarche simple : mettre le dispositif à l’épreuve avant de proposer de le diffuser.

Nous recherchons des retours critiques et structurés sur quatre dimensions :

  1. Juridique : qualification, compatibilité, opposabilité, responsabilités, validité des clauses, conservation, articulation avec les mesures existantes.

  2. Opérationnelle : qui tient les rôles ? comment former/soutenir ? quels moyens ? quel pilotage minimal sans bureaucratie ?

  3. Éthique : consentement, non-discrimination, prévention de l’emprise, protection contre les conflits d’intérêts, respect de la parole.

  4. Gouvernance : comment garantir l’effectivité sans intrusion ? comment définir un garant institutionnel crédible ? que peuvent/que doivent faire les sentinelles ?

7) Invitation à contribuer : un questionnaire d’expertise (10–15 minutes)

Pour structurer cette expertise, DEDIĈi met à disposition une consultation d’expertise en ligne :
Consultation d’expertise – Mandat de Protection de Tous les Temps (12 sections, 39 questions, 10–15 min) : [Questionnaire]

Le questionnaire s’adresse en particulier (sans s’y limiter) aux professionnels de la protection juridique (mandataires, juristes, magistrats, notaires, avocats), responsables d’associations tutélaires, professionnels du médico-social et de la coordination, institutions susceptibles d’être “garantes” ou partenaires, chercheurs et évaluateurs.

8) Ce que nous ferons des retours

Les contributions reçues nourriront une analyse critique des fragilités et des points à renforcer, une version améliorée du texte (clarifications, garde-fous, procédures), une clarification des conditions minimales de mise en œuvre (ce qui est indispensable, ce qui est optionnel, ce qui est impossible).

Notre intention est de proposer une architecture discutable, testable, et améliorable — et, si elle tient, de contribuer à une évolution des pratiques : protéger mieux, en protégeant d’abord la continuité humaine autour de la personne.

Personne et Cercle de confiance

Nous venons de déposer une note de recherche de fond intitulée :

Personne de confiance, cercles de confiance et protection juridique des majeurs
Proposition de cadre unifié médico-social + juridique – doctrine de non-substitution, alliance et gouvernance protégée

Cette publication part d’un constat simple : dans la vie réelle, une personne vulnérable se retrouve trop souvent seule face aux institutions, ou enfermée dans des logiques cloisonnées (médico-social d’un côté, juridique de l’autre). Même lorsque les intentions sont bonnes, les confusions de rôles et les zones de flou peuvent conduire à des décisions subies, à une parole captée, ou à une fatigue infinie des proches.

Le texte propose une idée centrale, volontairement claire et universalisable : reconnaître un cercle de personnes de confiance, librement constitué autour de la personne, indépendant des institutions, capable d’exercer un contre-pouvoir protecteur — non pas contre les institutions, mais pour permettre une alliance stable et pacifiée avec elles.

Cette note :

  • clarifie la différence entre personne de confiance, fonctions institutionnelles et représentant légal/mandataire ;

  • pose une doctrine de non-substitution et de non-ingérence ;

  • décrit une gouvernance protégée des décisions, avec recours possible à un tiers extérieur en cas de blocage ;

  • relie, sans les opposer, les perspectives médico-sociales, juridiques, sanitaires et sociales, en s’appuyant sur l’existant.

📌 Accéder à la publication sur Zenodo : https://doi.org/ 10.5281/zenodo.18515205

Nous espérons que ce texte puisse servir d’outil de discussion, de stabilisation éthique et juridique, et de base de travail pour toutes celles et ceux qui cherchent à construire autour d’une personne un entourage humain durable, clair, et protecteur.

Jean-Luc LEMOINE, pour DEDIĈI

Parents UNAPEI – réflexions d’un parent.

Ici Jean-Luc LEMOINE, Président Fondateur de Dediĉi. Dans cet article je m’exprime en mon nom propre, de parents à parents, en tant que parent et adhérent UNAPEI, et non au nom de l’UNAPEI ou d’une association affiliée.

Le sens profond de notre engagement

Ce texte s’adresse aux parents adhérents à l’UNAPEI, et à tous les parents. À celles et ceux qui ont donné et donnent de leur temps, de leur énergie, de leur vie parfois, pour que leurs enfants puissent vivre mieux que ce que la société leur promettait spontanément.
Voici un temps de respiration, d’un retour au sens profond de ce qui nous réunis.

À l’origine : une inquiétude, et une espérance

Le mouvement parental est né d’un sentiment que tous les parents connaissent intimement : l’inquiétude pour l’avenir de son enfant. Non pas l’avenir immédiat, mais l’avenir après nous, quand nous ne serons plus là, quand nos forces diminueront, quand notre vigilance ne pourra plus s’exercer au quotidien.

C’est cette inquiétude-là, lucide et aimante, qui a poussé des parents à s’organiser collectivement contre les dangers de la société, pour compléter ce qu’elle ne pouvait pas garantir seule.

Dès le départ, il s’agissait de construire quelque chose de plus grand que soi, quelque chose qui durerait, quelque chose qui tiendrait dans le temps long.

Une construction patiente, transmise de génération en génération

Rien de ce qui existe aujourd’hui n’est né par hasard. Tout est le fruit d’une construction lente, patiente, parfois douloureuse, toujours exigeante.

Des parents ont porté des combats. D’autres ont structuré des réponses. D’autres encore ont transmis, amélioré, consolidé. D’autres aujourd’hui s’y attachent avec force.

Préserver cette continuité, c’est respecter la mémoire des anciens, c’est reconnaître leurs efforts, c’est ne pas rompre le fil qu’ils nous ont confié.

Ce que nous cherchons vraiment : la paix pour l’avenir

Au fond, ce que recherchent les parents n’a jamais changé. Ils ne demandent pas la perfection. Ils ne demandent pas des garanties irréalistes. Ils demandent de pouvoir partir en paix.

La paix de savoir que leur enfant : ne sera pas seul, ne sera pas abandonné aux dispositifs, ne sera pas réduit à une gestion, mais restera entouré, regardé, écouté, soutenu.

Un avenir autrement désirable. Un avenir suffisamment bon. Un avenir humain.

Autodétermination et triple expertise : des mots pour dire une intuition ancienne

Les notions aujourd’hui portées par le mouvement parental militant — autodétermination, triple expertise — ne sont pas que des concepts abstraits. Ces notions mettent des mots sur ce que les parents ont toujours su : que la personne est experte de sa propre vie, que ses proches portent une connaissance irremplaçable, que les professionnels apportent des compétences indispensables, et que c’est de la rencontre continue de ces regards que naissent les équilibres possibles.

Cette triple expertise n’est pas un moment ou un endroit, C’est un travail permanent, un ajustement vivant, au fil des situations et des étapes de vie.

Le rôle du mouvement parental : soutien, veille et vigilance

Dans cette perspective, le rôle du mouvement parental — tel que porté notamment par l’UNAPEI — n’est pas de décider à la place de la personne, ni de se substituer à celles et ceux qui l’accompagnent.

Son rôle est plus discret, mais essentiel : soutenir les personnes qui entourent la personne, veiller à ce que les conditions de son autodétermination soient réunies, exercer une vigilance continue, bienveillante, responsable, pour que la triple expertise puisse rester vivante, partout, tout le temps, partout où la personne est, partout où elle sera.

Une responsabilité universelle et continue

Cela conduit à une conséquence simple, mais décisive : si nous voulons garantir cette continuité,
alors le mouvement parental doit soutenir l’environnement de proximité de la personne, tel qu’il existe et tel qu’il change.

Cela signifie : soutenir toutes les personnes qui agissent dans l’intérêt de la personne, quelles qu’elles soient, d’où qu’elles viennent, dès lors qu’elles participent, avec la personne, à son autodétermination.

Ce soutien ne dépend pas des statuts. Il dépend du sens de l’engagement.

C’est un soutien universel, continu, non exclusif, au service d’une seule finalité :
que la personne puisse rester elle-même, dans toute sa diversité, tout au long de sa vie.

Une posture de responsabilité… et de sérénité

Il ne s’agit pas d’idéalisme. Il s’agit d’une posture responsable, prudente, presque familiale.

Une attitude de bon père de famille, au sens le plus noble : attentive, prévoyante, protectrice, sans excès, mais sans abandon.

C’est cette posture qui apporte aux parents ce qu’ils cherchent depuis le début : la sérénité, et, au fond, une forme de paix.

Et donc, de façon simple et ferme

Pour rester fidèle à son histoire et à sa raison d’être, le mouvement parental doit assumer pleinement ceci :

Soutenir l’environnement humain de proximité de la personne, dans toute sa diversité, partout et toujours, afin de garantir son autodétermination et le travail continu de la triple expertise autour d’elle.
Reconnaître que ce cercle de personnes de confiance n’appartient qu’à la personne et ne doit pas être tenu, mais soutenu activement et durablement pour pouvoir se renouveler dans l’éthique et l’équilibre général.
Reconnaitre et accepter ce Petit-Toit protecteur pour que la personne puisse vivre librement sous les Grands-Toits, partout où elle est, partout ou elle sera.

C’est à cette condition que les parents pourront se dire, un jour : « Quand je ne serai plus là, mon enfant ne sera jamais seul. Il y aura toujours une vigilance collective bienveillante pour lui, à lui, à vie. Et je pourrais alors partir en paix. »

Parents de l’UNAPEI et d’ailleurs, êtes-vous d’accord avec cela ?

Un Parent Militant
Adhérent de l’UNAPEI
Président Fondateur de Dediĉi

 

Révolutionner le Soutien aux Aidants

Un Appel à l’Action pour l’Alsace !

Le 1er décembre 2025 à Strasbourg, la plénière du CDCA (Conseil Départemental de la Citoyenneté et de l’Autonomie) de la Collectivité européenne d’Alsace a été le théâtre d’une intervention majeure. Jean-Luc LEMOINE, responsable de la commission « Soulagement des Aidants », a pris la parole pour présenter une orientation simple, concrète et durable qui pourrait transformer la vie de milliers de familles.

Voici l’essentiel de ce qu’il faut retenir de cette prise de parole de près de 7 minutes, un appel vibrant au changement d’organisation.

Au-delà de « Aider les Aidants » : L’Impératif du Soulagement

La commission a changé de nom pour mieux coller aux attentes profondes des aidants. Ceux-ci ne demandent pas que des conseils pour continuer à faire ce qu’ils sont obligés de faire ; ils exigent d’être maintenant soulagés.

Leur message est clair : ils veulent des actions concrètes, immédiates, durables pour changer leurs vies et celles de leurs proches.

Pour y parvenir, il est une évidence qui nous conduit vers une obligation de changement : il faut s’occuper activement et durablement (à vie s’il le faut) de chaque situation, dans la confiance et dans l’alliance.

Le « Cercle Rapproché de Confiance » : La Nouvelle Alliance Citoyenne et Institutionnelle

Pour concrétiser ce soulagement, la commission propose la création d’un dispositif simple : le cercle rapproché de personnes de confiance pour chaque situation.

Ce cercle est par nature privé, intime et extérieur aux dispositifs existants. Il incarne une alliance entre la solidarité citoyenne et la solidarité institutionnelle.

Il est composé de trois éléments fondamentaux:

  1. La personne vulnérable : le centre de toute l’organisation.

  2. Ses proches Aidants : ceux qui la défendent et la protègent.

  3. Des professionnels engagés : des professionnels volontaires et mandatés qui s’occupent activement et durablement de la situation, vecteurs de l’alliance et de la confiance.

Ce cercle représente la parole, les droits et les choix de la personne vulnérable et de ses aidants.

Un Rôle Institutionnel Clarifié : Soutenir, mais Jamais Contrôler

Le message adressé aux institutions est crucial : ce cercle doit être reconnu, soutenu et considéré comme un partenaire naturel d’alliance et de dialogue. Cependant, la commission insiste : il ne doit jamais être tenu, ni contrôlé par les institutions.

La finalité de ce cercle est d’apporter la paix, la continuité, la vigilance, l’intimité, et l’autodétermination de la personne, soulageant immédiatement les aidants. Le rôle des institutions est d’agir en alliance avec ce cercle pour rendre les réponses de la solidarité plus justes, proactives, préventives, rapides et cohérentes tout au long de la vie.

La Demande Politique

Au nom de la commission, Jean-Luc LEMOINE a formulé une demande politique simple :

Reconnaître et soutenir la mise en place, pour chaque situation, d’un cercle privé de personnes de confiance, qui travaillera en alliance avec les institutions pour que l’on puisse enfin s’occuper activement et durablement de chaque situation.

Cette orientation, faisable avec l’existant et sans nécessiter de coûts supplémentaires, est à inscrire dans la mise en œuvre du SPDA ((Service Public Départemental de l’Autonomie) et dans les politiques de la Collectivité européenne d’Alsace. C’est un changement d’organisation donnant une « solidarité à cœur humain ».

Regardez la Vidéo !

L’intégralité de cette prise de parole essentielle de Jean-Luc LEMOINE est désormais disponible. Découvrez en détail comment cette nouvelle approche de l’alliance citoyenne et institutionnelle peut transformer la vie de milliers de familles.

[Lien vers la Vidéo de la Prise de Parole]

Que pensez-vous de l’idée du Cercle Rapproché de Confiance ? Laissez votre commentaire ci-dessous !

Le Grand Rêve Parental de l’Après-Nous

Les Grands Toits en soutien de chaque Petit Toit

Alliance

C’est une vérité universelle.
Au fond du cœur de chaque parent d’enfant vulnérable résonne une question unique, obsédante, douloureuse : « Après nous, qui sera là ? »

Le mouvement parental, dont l’UNAPEI est un emblème, ne cherche pas seulement à améliorer l’accompagnement d’aujourd’hui, il cherche à garantir l’éternité de la protection (Utopie?).

Le corpus Dediĉi apporte à ce grand mouvement une piste pour transformer l’angoisse en une organisation vivante, bienveillante et pérenne. Il s’agit d’une Alliance Absolue entre l’engagement inconditionnel des familles et les moyens structurés de la société.

Le principe de l’Alliance : Chaque Petit Toit soutenu par les Grands Toits

Dediĉi utilise la métaphore du « Petit Toit » pour désigner le Cercle de Personnes de Confiance de nos proches. C’est l’espace intime, sacré, qui n’appartient qu’à la personne vulnérable, où se trouvent les liens de cœur et de confiance (les parents, les frères et sœurs, les amis, et les professionnels alliés).

Le « Grand Toit » représente toutes les structures de la solidarité : les associations et mouvements, les établissements, l’État, les lois.

L’Alliance, c’est l’idée que les Grands Toits doivent soutenir chaque Petit Toit.

Chaque parent militant est aujourd’hui en mesure de proposer une organisation structurée de proximité et d’inviter la société à la soutenir.

1. La Clé pour l’« Après Nous » : Garantir cette Alliance

Le cauchemar des parents est que l’un des deux aspects s’arrête à leur décès, l’un ne pouvant pas subsister sans l’autre.

Le Petit Toit est la matrice ultime. Initialement le ventre de la mère, il est le contexte naturel de l’autodétermination en triple expertise. L’Alliance serait que les Grands Toits soutiennent l’éternité de ce Petit Toit

2. Le Mouvement Parental, moteur du changement

Pour le mouvement parental, l’enjeu n’est pas de créer de nouvelles institutions, mais de rendre les institutions existantes meilleures et plus réactives à l’intimité.

  1. Le Droit au Petit Toit Reconnu et Soutenu : L’Alliance permet de revendiquer le droit à un Petit Toit stable et soutenu.

  2. Un Modèle Transmissible : Le Cercle de personnes de confiance est un modèle que les parents peuvent construire et transmettre de leur vivant. Ils ne partent plus en laissant un vide béant, mais une organisation soutenue et déjà opérationnelle.

  3. La Sécurité pour les Fratries : Le Cercle est la plus belle preuve d’amour des parents envers la fratrie. Il les soulage en leur permettant de choisir leur degré d’engagement, assurés que l’aspect lourd et complexe est pris en charge par l’institution qui a répondu à l’invitation.

Le corpus Dediĉi donne aux parents la théorie manquante pour exiger par l’intelligence de l’organisation, que la solidarité promise devienne une réalité.

L’« Après Nous » n’est plus une peur, mais la construction d’un Cercle de Confiance si précieux, si bien organisé, que la société entière sera fière de répondre à son invitation et à son soutien.

Garantir l’Existence du Petit Toit

Suite de l’article Tenir Compte du Petit Toit

L’alliance entre le Petit Toit (le Cercle de Confiance) et le Grand Toit (les institutions) garantit l’existence et l’effectivité opérationnelle du premier en le dotant de moyens et d’une reconnaissance durable, tout en assurant l’éthique et la justesse des actions par des mécanismes de contrôle et d’alignement éthique centrés sur l’autodétermination de la personne.

Voici les mécanismes essentiels pour garantir cette double exigence :

1. Garantir l’Existence et l’Effectivité Opérationnelle du Petit Toit

Le Grand Toit doit s’engager à soutenir activement le Petit Toit pour qu’il puisse durer et agir efficacement.

  • Sanctuarisation et Pérennisation :

    • Soutien Logistique et Financier : Le Grand Toit doit mettre à disposition des moyens concrets (par exemple, un budget de fonctionnement pour les rencontres, un accès à une expertise légale ou de coordination) afin que le Petit Toit ne s’épuise pas et puisse se maintenir à vie, même en cas de défaillance des proches (le concept d’« Après Nous »).

    • Reconnaissance Formelle : Intégrer le Petit Toit comme une entité reconnue et légitime dans les documents officiels (Projet Personnalisé d’Accompagnement, contrats de séjours, etc.), ce qui lui donne un poids juridique et institutionnel.

  • Outillage et Veille Solidaire :

    • Outils de Coordination : L’alliance doit fournir au Petit Toit des outils simples, comme le prototype Cercle Dediĉi (ici), pour visualiser, organiser et coordonner les interventions. Cela rend le Petit Toit opérationnel en tant qu’entité coordinatrice.

    • Fonction de Veille Solidaire de Proximité : Le Grand Toit doit s’assurer que des mécanismes de veille sont en place pour anticiper les besoins, repérer les fragilités et activer des relais en cas de défaillance d’un membre du Petit Toit, assurant ainsi la continuité de l’accompagnement.

2. Garantir la Justesse Éthique, l’Équilibre et les Postures

La justesse des actions des acteurs (du Petit comme du Grand Toit) est assurée par un alignement constant sur la volonté de la personne et des mécanismes de vérification éthique.

A. L’Alignement Éthique par l’Autodétermination

La référence éthique suprême est le souhait de la personne.

  • Mandat de la Triade d’Autodétermination : Les acteurs du Petit Toit (les Défenseurs et Ceux qui s’occupent de la situation) agissent en vertu d’un mandat moral et pratique donné par la personne. L’alliance garantit que toute intervention du Grand Toit est subordonnée à ce mandat et à l’interprétation de la Parole Respectée par le Petit Toit.

  • Contrôle de l’Équilibre (Le Symbiotisme Solidaire) : L’alliance elle-même doit être un symbiote, c’est-à-dire une coopération où l’aide du Grand Toit ne se transforme jamais en absorption ou en prise de pouvoir sur la vie de la personne. Le Petit Toit doit constamment réaffirmer qu’il pilote l’usage des moyens institutionnels, maintenant un équilibre entre le “cœur citoyen” et les “moyens institutionnels”.

B. Le Contrôle des Postures et des Actions

La qualité de l’action est garantie par l’application stricte des concepts de DEDICI.

  1. Référentiel des Cinq Rôles Fondamentaux : Tous les acteurs (professionnels, proches) doivent être formés et évalués sur leur capacité à respecter leur rôle sans empiéter sur celui des autres.

    • Exemple : Un professionnel (Intervenant de Compensation) doit éviter d’agir comme un “Défenseur” s’il n’en a pas le mandat du Petit Toit, évitant ainsi les conflits de rôles et les doubles discours.

  2. L’Herméneutique de l’Action : L’effectivité et l’éthique ne sont pas garanties par l’intention, mais par le résultat. L’alliance doit utiliser l’herméneutique de DEDICI : la capacité à déchiffrer, comprendre et interpréter fidèlement la volonté de la personne vulnérable, en particulier si elle est en difficulté d’expression.

  3. Évaluation Continue de la Justesse : La Démarche Qualité Inversée est le garant final :

    • Des évaluations régulières et formalisées doivent être menées par le Petit Toit sur la justesse et la conformité éthique des actions du Grand Toit par rapport au projet de la personne. Le Grand Toit doit accepter ces retours comme la source principale d’amélioration et d’ajustement.

En définitive, l’alliance est une convention éthique et opérationnelle qui garantit que l’énergie citoyenne du Petit Toit est soutenue par la puissance du Grand Toit, mais que cette puissance est toujours contrôlée par la volonté de la personne.

Tenir Compte du Petit Toit

Les concepts de « Petit Toit » et de « Grand Toit » sont au cœur de la philosophie DEDIĈI. Ils désignent les deux sphères de la solidarité qui doivent s’allier pour une cohérence totale.

  • Le Petit Toit : Il représente l’organisation privée, intime et citoyenne autour de la personne vulnérable. C’est le Cercle de Confiance Solidaire qui assure la protection et l’autodétermination au quotidien. Il est flexible et adapté à la vie réelle.

  • Le Grand Toit : Il représente l’organisation institutionnelle, publique et professionnelle (l’État, les agences, les établissements médico-sociaux). Il apporte les moyens, l’expertise et le cadre légal. Il est puissant, mais contraint et souvent déconnecté de l’individu.

La démarche pour faire émerger le Petit Toit et accepter une alliance avec le Grand Toit repose sur un processus d’inversion des rôles et de reconnaissance formelle.

1. Comment faire émerger la prise en considération du Petit Toit ?

La prise en considération du Petit Toit nécessite d’abord de le créer et de le sanctuariser comme le pilote légitime de l’accompagnement.

A. La Construction et l’Auto-Saisine

Le Petit Toit ne peut être imposé par l’institution ; il doit naître de la volonté de la personne vulnérable et de ses proches.

  1. Identifier et nommer le Cercle de Confiance : La personne (ou ses soutiens) doit désigner clairement ses “Défenseurs de Confiance” et “Ceux qui s’occupent de la situation”. Il s’agit de formaliser qui a la légitimité pour parler, protéger et organiser en son nom.

  2. Mise en place de la “Triade d’Autodétermination” : Assurer que ce noyau intime (Personne + Défenseurs + Organisateurs) existe et fonctionne de manière autonome. C’est le lieu où la Parole Respectée est formulée et protégée.

  3. Adopter le langage : Utiliser par exemple le vocabulaire de DEDIĈI (“mon Petit Toit”, “Défenseur Ultime”) dans toutes les interactions avec les services et institutions. Cela force l’interlocuteur à identifier et à reconnaître cette entité.

B. La Reconnaissance Active par le Grand Toit

L’accueil questionnant !
Pour que l’institution considère le Petit Toit, une exigence de reconnaissance doit être posée.

  • Condition Sine Qua Non : Le Petit Toit doit se présenter aux institutions (les Grands Toits) comme une condition nécessaire à toute collaboration. Par exemple, exiger qu’aucune décision ne soit prise, qu’aucune réunion n’ait lieu, sans la présence et l’accord des membres du Cercle de Confiance.

  • L’Usage du Droit : S’appuyer sur le droit existant (autodétermination, droits des usagers) pour légitimer la présence et le rôle du Petit Toit comme garant des droits de la personne.

  • Le Contre-Monopole : Le Petit Toit doit briser le “piège du monopole de la parole” que détient souvent le Grand Toit institutionnel. Il apporte la triple expertise : l’expertise du vécu (personne), l’expertise intime (proches) et l’expertise citoyenne (bénévoles/alliés).

2. Comment accepter une alliance avec les Grands Toits ?

L’alliance, dans le modèle DEDIĈI, est basée sur le Symbiotisme Solidaire, où les deux entités coopèrent sans que l’une n’absorbe ou n’étouffe l’autre.

A. Le Principe de l’Alliance : Coopération, non Absorption

Accepter l’alliance, c’est reconnaître que le Grand Toit apporte des éléments indispensables :

  • Les Moyens et l’Expertise : Le Grand Toit fournit les moyens financiers, l’expertise technique (médicale, légale) et la capacité d’organisation sur la durée que le Petit Toit, citoyen et intime, ne peut garantir seul.

  • La Sécurité Durable : L’alliance est nécessaire pour que la personne puisse bénéficier des ressources institutionnelles en toute sécurité, protégée par son Petit Toit qui veille au respect de son projet de vie.

B. Les Conditions de l’Alliance : Ne pas Remettre les Clés

Pour que l’alliance soit acceptable, elle doit être contrôlée par le Petit Toit.

  1. Définir les Rôles et les Missions : Chaque Grand Toit (institution) allié doit s’engager sur une mission précise et conforme au Méta-Processus-Principiel d’Accompagnement (MPPA) (ici). L’alliance n’est possible que si le Grand Toit accepte d’être un “Intervenant de Compensation” ou un “Soutien Institutionnel” au service du Petit Toit.

  2. Partage d’Information Contrôlé : L’alliance implique un partage d’informations transparent, mais ce partage doit être piloté par le Petit Toit. La personne et son cercle décident des informations qui sont partagées et échangées pour assurer la coordination (cohérence).

  3. Évaluation Continue : Le Petit Toit doit exercer son rôle d’évaluateur permanent. Le Grand Toit s’engage à ce que la qualité de ses services soit mesurée par l’atteinte des objectifs de la personne, tels que définis par le Petit Toit, et non par ses seules normes internes.

En résumé, faire émerger le Petit Toit est un acte de légitimation et d’auto-organisation ; accepter l’alliance avec le Grand Toit est un acte de coopération stratégique où le Petit Toit dirige le projet sans céder son pouvoir.

Le Pari de la Confiance

Article de convergence Unapei-Dediĉi-SPDA

Dépassons la confusion pour garantir l’avenir de nos enfants

Chers amis de l’Unapei, chers parents fondateurs du mouvement de la solidarité.

Depuis des décennies, nous portons l’impératif éthique et viscéral de protection de nos enfants. Nos anciens ont bâti des structures (le “Grand Toit”) là où il n’y avait rien.

Aujourd’hui, le modèle Dediĉi (le “Petit Toit” centré sur l’humain et soutenu par le “Grand Toit”) est souvent perçu comme une utopie-critique, voire une menace.

Nous affirmons qu’il n’en est absolument rien.

Notre désaccord éventuel est purement interprétatif, et sa résolution favoriserait l’avenir de nos proches et de nos enfants (rôle 1 – La Personne).

La divergence apparente n’est que le fruit de la confusion de rôles et d’un malentendu.

La confusion

Le cœur du problème réside dans l’amalgame historique de deux fonctions vitales :

  1. La Défense Ultime (rôle 2 – L’Affectif, le cœur parental) : La protection inconditionnelle et affective, qui est la voix de l’amour parental et du cercle de confiance. Elle doit pouvoir dire « Non » à l’Institution (de quelque nature qu’elle soit).

  2. L’Institution gestionnaire (rôle 5 – Le légal) : Le garant des budgets, des normes, et de la pérennité légale des services. Elle est conditionnée par la loi et les finances. Elle doit s’assurer que l’aide est possible et légale.

Historiquement, le mouvement parental, par nécessité, a fusionné ces deux rôles. Il a cru que plus l’institution (rôle 5) était forte, plus la protection (rôle 2) l’était (malheureusement il est régulièrement démontré par les faits qu’il n’en est rien).

Le constat universel est simple : le rôle 5 (et ses contraintes) finit toujours par prendre le pas sur le rôle 2 (l’inconditionnel). L’amour se dilue dans l’administration et les impératifs de fonctionnement.

L’offre de convergence

Dediĉi propose que l’Unapei, forte de son réseau et de sa puissance institutionnelle, confirme et renforce sa mission : Être le garant du rôle 2 – L’Affectif, le cœur parental.

Comment ? En éclaircissant les rôles.

1. Sanctuariser le Défenseur Ultime

L’Unapei (rôle 5) doit reconnaître et soutenir institutionnellement le rôle du Défenseur Ultime (rôle 2), sans jamais l’incarner elle-même (confusion de rôle actuelle).

  • Son pouvoir renforcé : En tant que rôle 5, l’Unapei fournit le cadre collectif parental, légal et financé pour que le rôle 2 (parents, proches, ou tiers de confiance formés) puissent exercer leurs droits de regard inconditionnel sur l’accompagnement, même après la disparition ou l’évolution des parents, fondateurs de nos institutions si attentionnées et performantes soient-elles.

  • L’Assurance “Après Nous” : L’Unapei apporte ainsi la solution que les familles cherchent désespérément : l’assurance que le filtre protecteur humain et affectif survivra, sera soutenu et réassuré pour toujours.

2. Adopter le rôle 3 comme agent de Lien

Pour que nos structures et les autres travaillent au service de l’autodétermination, il faut un contexte intime au cœur duquel un agent de lien agit : le rôle 3 (celui qui s’occupe activement et durablement de la situation).

  • L’Action : Intégrez le rôle 3 comme le standard de liaison dans nos associations. Ce rôle, humain et non-gestionnaire, devient le passeur entre la volonté (rôle 1 & 2) et l’offre technique de tous les acteurs de compensation et de la société (rôle 4).

  • Le Résultat : Le rôle 3 garantit que les services délivrés sont exactement ce que la personne et ses défenseurs ont demandé, et non ce que les établissements ont à offrir.

Servir la volonté

En acceptant cette coopération de rôles nous supprimons le risque d’un conflit sur malentendu :

  1. Le Petit Toit (l’Humain) gouverne et dirige l’action, car il incarne une protection soutenue et surveillée.

  2. Le Grand Toit (l’Institution) soutient le Petit Toit , car il apporte les moyens et le cadre de l’éthique, du renforcement.

Cette coopération est salvatrice car elle permet de rester fidèle et de renforcer l’esprit initial des fondateurs de l’Unapei (la protection affective) tout en positionnant nos structures militantes comme les partenaires indispensables pour l’implémentation prochaine du Service Public Départemental d’Autonomie (SPDA).

Chers amis de l’Unapei : Ne voyez pas Dediĉi comme quelque chose à repousser, mais comme un éclairage qui nous permettra de pérenniser notre mission première, celle de la Défense Ultime, pour les générations à venir.

L’heure n’est plus à la confusion, mais à la convergence.

Faisons de cette clarification le socle d’un pacte de solidarité.

La Solidarité se joue entre humains soutenus. La Défense Ultime d’une personne vulnérable, par nature inconditionnelle, ne réside jamais en fin de compte dans une personne morale, mais trouve toujours son dernier ressort dans des personnes physiques, soutenues par des Institutions.

Métaphore : la maman, soutenue par la famille et la tribu du village, qui protège son bébé contre tout.

Jean-Luc LEMOINE
Parent militant
Adhérent Unapei
Président-fondateur de Dediĉi

Les Cercles de Confiance

l’alliance entre solidarité citoyenne et institutionnelle

Handicap, vieillissement

La vulnérabilité, qu’elle soit liée à l’âge, au handicap ou à des situations de vie complexes, interroge notre capacité collective à organiser des réponses humaines, durables et adaptées.

Les parents, les aidants et les acteurs de la solidarité partagent une intuition forte : la qualité de vie des personnes vulnérables dépend de la présence d’un cercle de confiance, à la fois proche dans l’humanité et soutenu par des institutions. Ils ont l’intuition également que ces cercles doivent exister et bien fonctionner partout où la personne est et partout où elle sera (en établissements ou en inclusion société) pour garantir le contexte de leur autodétermination.

Pourtant, ces cercles, quand ils existent, sont souvent fragiles, informels et leur pérennité devrait reposer sur une coordination rare entre acteurs de terrain et structures publiques.

Comment transformer cette intuition en action ? Comment construire, dès aujourd’hui, des alliances entre solidarité citoyenne et solidarité institutionnelle pour répondre aux besoins immédiats et futurs des personnes vulnérables et de leurs proches ?

1. Les besoins des personnes vulnérables et de leurs proches : entre Vie à tout prix et peur de l’abandon

Les aidants, qu’ils soient jeunes parents, conjoints ou enfants de personnes âgées, vivent des temporalités et des pressions différentes :

  • Les jeunes parents sont souvent animés par une « pulsion de vie » : confiant en l’avenir, ils veulent faire avancer les choses. Leur énergie est tournée vers le dynamisme, le possible, l’action, mais aussi vers la recherche de solutions pour les moments où ils ne peuvent pas être présents.

  • Les aidants plus âgés ou épuisés ressentent davantage le besoin d’être soulagés, d’organiser, d’anticiper le changement et la disparition :« Que risque mon proche si je suis absent, que deviendra -t-il quand je ne serai plus là ? ».

Un constat partagé : la qualité de vie des personnes vulnérables dépend de la présence permanente de personnes de confiance, qui s’entendent entre elles, agissent en coordination et sont soutenues par des institutions. Pourtant, ces cercles sont souvent informels, fragiles, et leur organisation reste un défi.

2. Le cercle de confiance : un modèle à renforcer

Un cercle de confiance efficace repose sur trois piliers :

  • Comprendre la personne vulnérable : prendre le temps de l’écouter, de connaître ses besoins, ses désirs, ses peurs.

  • Défendre et protéger : agir comme un rempart contre l’isolement, les abus, ou les lacunes du système.

  • S’occuper de la situation : aller chercher des compensations, mobiliser des ressources et les vérifier pour combler les manques.

Le défi : ces cercles existent souvent de manière naturelle, mais ils sont rarement formalisés, soutenus ou connectés aux institutions. Leur fragilité les expose à la disparition, notamment en cas de fatigue des aidants ou de changement de situation.

3. L’alliance entre solidarité citoyenne et institutionnelle : un impératif

Pour pérenniser ces cercles, il faut :

  • Créer des ponts entre les acteurs citoyens (familles, proches, voisins, bénévoles) et les acteurs institutionnels (établissements et professionnels de compensation, collectivités et institutions) ; avec en guise de ponts et de passerelles des professionnels de proximité en charge de s’occuper des situations pour garantir la centralité de la personne vulnérable au milieu du pont.

  • Formaliser des contrats de confiance : par exemple, des chartes ou contrat mixtes engageant les parties prenantes à collaborer.

  • Mobiliser des ressources autrement : communiquer sur un autrement, inventer et négocier de nouvelles relations, de nouvelles postures, de nouveaux pouvoirs.

Exemples inspirants :

  • Les cercles de soutien (comme ceux développés au Québec ou en Belgique) associent proches, voisins et professionnels autour d’un projet personnalisé.

  • Et d’autres dans le monde : Cercles de Soutien et de Responsabilité ; Voisins Solidaires ; Petits Frères des Pauvres ; Cercles de soutien communautaires ; Cercles de soutien pour personnes handicapées, âgées ;

  • Et les travaux du laboratoire d’idée Dediĉi – www.dedici.org : Triade d’autodétermination en triple expertise ; Petit toit ; Famille sociale étendue ; Cercle d’intimité et de confidences ; A trois pour dire Je. Après-Nous.

4. Agir maintenant : comment construire ces cercles ?

Pour passer de l’intuition à l’action, voici des pistes concrètes :

  • Organiser des sensibilisations régulières : pour renforcer la confiance, partager les informations, et ajuster les actions.

  • Identifier les personnes ressources : qui, dans l’entourage, peut s’engager ? Qui, parmi les professionnels, peut jouer un rôle de facilitateur ?

  • S’appuyer sur des outils existants : Centres Locaux d’Information et de Coordination (CLIC), ou encore les dispositifs de répit pour les aidants.

  • Demander un soutien institutionnel : solliciter les communes, les départements, ou les associations pour mobiliser et soutenir les acteurs de ces cercles. Demander une posture officielle de l’État pour rendre possible ce qui et nécessaire.

Un message clé : Ces cercles ne se construisent pas seuls. Ils ont besoin d’être reconnus, accompagnés et intégrés dans une démarche plus large de solidarité territoriale.

5. Conclusion : un appel à l’action collective

La vulnérabilité est un appel à l’innovation sociale. Les cercles de confiance, lorsqu’ils sont soutenus par des institutions et portés par des citoyens engagés, deviennent des leviers puissants pour prévenir l’isolement, améliorer la qualité de vie, et anticiper les transitions (vieillissement, handicap, fin de vie).

À nous de jouer : en tant qu’aidants, professionnels, élus ou simples citoyens, nous avons tous un rôle à jouer pour construire, dès aujourd’hui, ces alliances indispensables.

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